Culture

Guelma : Ouverture de la 10e édition du Festival culturel local de l’Inchad

La Maison de la culture Abdelmadjid-Chafei de Guelma accueille depuis mardi soir la dixième édition du Festival culturel local de l’Inchad. Jusqu’au 7 mars, neuf troupes venues de l’est algérien se produiront sur scène dans une manifestation placée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, qui mêle compétition artistique, formation et actions de proximité auprès des publics fragilisés. Les formations participantes représentent un large territoire géographique de l’est du pays, selon Malek Dahmane, commissaire du festival. « Les groupes participants à cette édition représentent les wilayas de Batna, de Skikda, de Mila, de Guelma, de Jijel, de Biskra, d’Oum El Bouaghi et de Sétif, cette dernière ayant délégué deux troupes », a-t-il précisé lors de la cérémonie inaugurale. Au-delà des prestations scéniques qui rythmeront les soirées à la Maison de la culture, les organisateurs ont conçu un programme pédagogique ambitieux. « Des ateliers de formation dédiés à l’art de l’Inchad seront organisés », a annoncé Malek Dahmane, soulignant la dimension didactique de cette manifestation qui entend transmettre les techniques vocales et les répertoires traditionnels aux jeunes générations d’interprètes. Le commissaire a ainsi révélé que « des soirées de ce festival sont programmées dans les résidences universitaires, au foyer pour personnes âgées de Hammam Debbagh et au centre de l’enfance assistée à la commune d’Héliopolis ». Cette démarche d’irrigation culturelle du territoire traduit une conception inclusive de l’action artistique, faisant du festival un vecteur de lien social. La soirée inaugurale a offert un aperçu de la qualité des prestations à venir. Le mounchid Abdeldjalil Akrouf, figure respectée de Constantine, a ouvert les festivités avec une performance remarquée. Sa « voix pure a ému une assistance enthousiasmée par la qualité de la prestation », selon les témoins présents. Cette communion entre l’artiste et le public a donné le ton d’une édition placée sous le signe de l’émotion spirituelle et de l’excellence vocale. La chorale Aridj de Guelma a ensuite proposé un voyage musical à travers les diverses traditions algériennes. Ses membres ont interprété « des chants de bienvenue brassant plusieurs styles tels que le malouf, le chaâbi et le Madih religieux », démontrant la porosité des frontières entre les genres musicaux du patrimoine maghrébin. Cette diversité stylistique révèle la richesse d’un répertoire qui puise aux sources savantes comme populaires. La soirée s’est achevée sur un moment d’émotion avec l’hommage rendu au poète de Melhoun Smail Belkherchiche, « véritable icône populaire à Guelma ». Cette reconnaissance d’un artisan de la poésie dialectale algérienne rappelle que l’Inchad s’inscrit dans un écosystème culturel plus vaste, où la langue, la musique et la spiritualité se nourrissent mutuellement.

R.C.

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