Sonelgaz-International à la conquête de l’Afrique : Après Niamey, une centrale électrique N’Djamena
La filiale internationale du groupe Sonelgaz vient de livrer sa première centrale électrique au Niger. En deux mois et demi de chantier, 40 mégawatts sont sortis de terre à Gorou Banda, dans la banlieue de Niamey. Le compteur ne s’arrête pas là : dans les tout prochains jours, la pose de la première pierre d’une centrale identique est prévue à N’Djamena. L’Algérie est en train d’exporter son électricité — et surtout son savoir-faire industriel — vers le continent.
C’est en marge de la cérémonie d’inauguration de la centrale de solidarité algéro-nigérienne, présidée mercredi à Niamey par le Premier ministre Sifi Ghrieb sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, que le ministre de l’Énergie Mourad Adjal a confirmé l’imminence du démarrage tchadien. Le projet au Tchad découle d’un accord signé en mai dernier entre Alger et N’Djamena, dans le prolongement direct de la logique qui a produit la centrale de Niamey : renforcer la coopération énergétique Sud-Sud conformément aux orientations présidentielles.
Pour Adjal, l’inauguration de Gorou Banda n’est pas un aboutissement mais un départ. « Ces projets s’inscrivent dans le cadre d’importants programmes énergétiques que l’entreprise s’emploiera à concrétiser en s’appuyant sur son expertise technique et sa capacité à réduire les délais de réalisation », a-t-il déclaré, évoquant une demande croissante de plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire et le Mozambique. Le ministre a également présenté Sonelgaz-International comme une locomotive appelée à entraîner dans son sillage les entreprises algériennes, publiques et privées, selon « le principe de la chaîne de valeurs ».
Un chantier bouclé en soixante-dix jours
Les chiffres du PDG de Sonelgaz-International, Yazid Djellouli, donnent la mesure de l’opération. Lancé au lendemain de la signature des accords algéro-nigériens, le chantier a été engagé dès mars 2026. Une cinquantaine de cadres, ingénieurs et techniciens ont été déployés sur site. Le matériel a voyagé par pont aérien : Air Algérie Cargo a assuré plus d’une vingtaine de rotations pour acheminer les équipements. Résultat : soixante-dix jours plus tard, la centrale était prête. « Nous avons réussi à réaliser cette centrale dans un délai record », a déclaré Djellouli, qui parle d’un « véritable exploit industriel et logistique ».
L’homme insiste sur la filiation directe entre ce résultat et l’expérience accumulée en Algérie. « Nous avons réalisé des programmes de 8.000 MW et de 4.000 MW avec de grandes firmes internationales. Cette expertise nous a permis de créer Sonelgaz-International et d’exporter aujourd’hui le savoir-faire algérien », a-t-il rappelé. Sur le plan opérationnel, la centrale de Gorou Banda augmente d’environ 20 % la production nationale d’électricité du Niger et renforce la sécurité d’alimentation de Niamey.
La coopération avec le Niger ne se limite pas à cette première réalisation. Des études de réhabilitation et de renforcement du réseau sont en cours, notamment sur l’axe stratégique Niamey-Agadez. Un comptoir de pièces de rechange est à l’étude pour garantir la maintenance des installations à long terme. Des cadres nigériens ont par ailleurs suivi des programmes de formation destinés à l’exploitation et à la maintenance des infrastructures.
La directrice générale de la NIGELEC, Fati Abarchi, n’a pas ménagé ses mots à l’adresse des partenaires algériens. Elle a qualifié la collaboration avec Sonelgaz-International d’« expérience exceptionnelle », estimant que cette infrastructure « entrera dans l’histoire ». Sa gratitude s’adressait autant aux équipes techniques qu’aux deux chefs d’État qui ont impulsé le projet. Sonelgaz-International a été créée précisément pour porter cette ambition continentale. La filiale dispose d’un bras opérationnel à l’étranger appuyé sur des capacités industrielles nationales renforcées, notamment dans la fabrication locale d’équipements électriques. Le directeur de la communication du ministère, Khalil Hedna, a rappelé que les deux piliers de cette internationalisation sont indissociables : la structure juridique d’un côté, l’outil industriel de l’autre. « La centrale de Niamey constitue une étape importante dans le processus d’internationalisation de la filière électrique algérienne », a-t-il résumé.
Djellouli, lui, regarde déjà au-delà du Tchad. « Il s’agit du premier pas de Sonelgaz-International à l’étranger et d’autres réalisations suivront, au Niger comme dans d’autres pays africains », a-t-il affirmé, évoquant des discussions avancées avec plusieurs partenaires africains.
A.M.

