Législatives 2026 : Le FFS appelle à la mobilisation face au «tumulte du monde»
Alors que le monde bascule dans une ère de confrontations et que l’Algérie s’apprête à renouveler les assemblées élues, le Front des forces socialistes (FFS) a choisi de hausser le ton.
Réunis jeudi à Alger pour la rencontre fédérale des cadres de la Fédération d’Alger, les militants du doyen des partis d’opposition ont entendu leur premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, dresser un tableau sombre de l’ordre mondial et en tirer une leçon directe pour l’Algérie : l’unité nationale une nécessité stratégique. Le discours d’Aouchiche tranche avec le registre habituel des réunions de cadres. Loin des considérations purement électorales, le dirigeant du FFS a d’abord posé un diagnostic géopolitique. «Le monde traverse aujourd’hui une phase de recomposition géostratégique majeure», a-t-il déclaré, évoquant «une logique de confrontation, de rivalité géopolitique et de compétition pour l’accès aux ressources, aux marchés et aux espaces d’influence». Il a cité pêle-mêle le génocide en Palestine, la «guerre d’agression américano-sioniste contre l’Iran» et l’attaque contre le Venezuela comme autant d’«illustrations particulièrement éloquentes de cette recomposition violente du monde». Derrière ces références, un fil conducteur : «La force supplante le droit et la légalité internationale est souvent reléguée au second plan.»
Ce cadrage international n’est pas gratuit. Aouchiche en tire une conclusion directe pour l’Algérie : «Dorénavant, seuls les États capables de consolider leur cohésion interne et leur capacité de résilience peuvent préserver leur souveraineté. Les sociétés fragmentées et les nations fragilisées de l’intérieur deviennent les terrains privilégiés des rivalités géopolitiques impérialistes.» C’est là que les législatives de 2026 entrent en jeu. Pour le FFS, ces élections «ne sauraient être réduites à une simple compétition électorale» : elles constituent, selon Aouchiche, «un moment de vérité pour la Nation algérienne». Le parti appelle à y participer, et souligne : «L’avenir de l’Algérie ne peut se construire ni dans le fatalisme ni dans l’exclusion, mais dans la responsabilité collective, le dialogue et la confiance retrouvée.» En creux, c’est un plaidoyer pour l’État de droit, les libertés et «une démarche politique inclusive». «Aucun pays ne peut être fort sans l’engagement et la mobilisation de son peuple», a tranché Aouchiche, résumant en une phrase l’ambition du parti : peser sur le débat national en faisant de la cohésion sociale et de la souveraineté économique — alimentaire, énergétique, technologique — les véritables enjeux de l’année électorale.
Hocine Fadheli

