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Un rapport onusien accable la gouvernance du royaume : Le Maroc au bord de la « faillite hydrique »

Un rapport international révèle l’aggravation critique de la crise de l’eau au Maroc, où des décennies de mauvaise gestion ont conduit le pays au seuil de ce que les experts appellent une « faillite hydrique ».

Publié dimanche par l’Université des Nations Unies sous le titre « Faillite hydrique mondiale 2026… Vivre au-delà des ressources en eau », le document classe désormais le royaume parmi les zones à risque hydrique « très élevé », pointant du doigt les défaillances structurelles de gouvernance qui ont précipité l’épuisement accéléré des ressources naturelles, selon la télévision algérienne. Le rapport onusien met en lumière une réalité alarmante : la crise marocaine n’est plus seulement liée aux épisodes de sécheresse ou aux fluctuations climatiques, mais constitue désormais « une crise structurelle résultant d’années de surexploitation excessive de l’eau et de mauvaise gestion des ressources naturelles ». Cette analyse marque un tournant dans la compréhension de la situation hydrique du royaume, révélant que les difficultés actuelles découlent directement des choix politiques et des stratégies de gestion adoptées par les autorités marocaines. L’Université des Nations Unies souligne que les réserves hydriques du pays « connaissent un déclin dangereux en raison de l’exploitation intensive des nappes phréatiques à un rythme dépassant largement leur capacité naturelle de renouvellement ». Le rapport qualifie cette situation de « sécheresse d’origine humaine », une terminologie qui déplace la responsabilité du phénomène climatique vers les politiques publiques menées pendant des années. Les experts onusiens affirment que la crise actuelle est « le résultat direct de choix et de politiques ayant conduit à l’épuisement du capital hydrique » du pays.

La dégradation ne se limite pas à la diminution quantitative des ressources disponibles. Le document révèle également une détérioration préoccupante de la qualité de l’eau : « la pollution et l’augmentation des taux de salinité ont considérablement réduit le volume d’eau utilisable ». Cette double pression – raréfaction et contamination – place le Maroc dans une situation d’autant plus critique que les solutions techniques traditionnelles s’avèrent insuffisantes face à l’ampleur du désastre. Les critiques à l’encontre des autorités marocaines se multiplient, visant particulièrement « la mauvaise gestion des ressources naturelles et l’absence de politiques capables de protéger la sécurité hydrique ». Des observateurs estiment que « l’approche adoptée ces dernières années n’a fait qu’accélérer le rythme de l’épuisement et approfondir les déséquilibres, en l’absence d’une vision responsable tenant compte de la limitation des ressources hydriques et de la nécessité de les préserver ».

Cette alerte internationale intervient dans un contexte où le royaume accumule les crises multisectorielles. L’urgence hydrique révèle « la profondeur des déséquilibres structurels liés aux politiques de gestion défaillantes » du régime en place. Ce que le rapport qualifie aujourd’hui de « faillite hydrique » ne représente pas « une simple crise sectorielle, mais constitue un indicateur supplémentaire d’une série de crises qui frappent le pays ».

L’impact de cette situation dépasse largement le cadre environnemental pour toucher directement les populations. L’agriculture, principal consommateur d’eau et pilier économique pour des millions de Marocains, se trouve menacée par la diminution drastique des ressources disponibles. Les zones rurales, déjà fragilisées, font face à des pénuries récurrentes qui alimentent l’exode vers les villes et accentuent les tensions sociales. La classification du Maroc parmi les territoires à « risque hydrique très élevé » par une institution onusienne constitue un camouflet diplomatique majeur pour le Makhzen. Ce classement international vient contredire les discours officiels minimisant l’ampleur de la crise et met en évidence l’écart grandissant entre la communication gouvernementale et la réalité du terrain. Les experts soulignent que le redressement nécessiterait des réformes profondes et un changement radical de paradigme dans la gestion de l’eau, impliquant une révision complète des modèles agricoles intensifs, une régulation stricte des prélèvements et des investissements massifs dans les infrastructures de préservation. Toutefois, l’absence de volonté politique et la persistance de modes de gouvernance contestés laissent planer de sérieux doutes sur la capacité du royaume à inverser cette trajectoire catastrophique avant qu’il ne soit trop tard.

Salim Amokrane

admin

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