L’Algérie réaffirme son engagement en faveur de l’Agenda 2030 des ODD : « Vers un avenir durable, inclusif et innovant »
L’Algérie a progressivement intégré ses 17 objectifs dans ses politiques publiques, en mettant en place des mécanismes institutionnels de coordination et de suivi, et en mobilisant différents secteurs autour de cette feuille de route.
Un atelier consultatif consacré à l’élaboration de son deuxième rapport national volontaire sur les objectifs de développement durable, que l’Algérie présentera en juillet 2026 devant le Forum politique de haut niveau des Nations unies à New York, a été tenu mardi à Alger. Coprésidée par le secrétaire d’État chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, et le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Mohamed Boukhari, la rencontre a réuni des représentants des agences onusiennes, de plusieurs ministères, des deux chambres du Parlement ainsi que de la société civile et du milieu académique.
Le ton de la journée a été donné d’emblée par Mohamed Boukhari. Dans son allocution d’ouverture, il a reconnu sans détour le contexte difficile dans lequel s’inscrit cet exercice : « Les années entre 2019 et 2026 n’ont pas été des années ordinaires. Le monde a traversé la pandémie de Covid-19, des transformations géopolitiques profondes et des pressions croissantes sur le processus de développement durable partout dans le monde. » Mais, a-t-il précisé, ces turbulences n’ont pas infléchi la trajectoire algérienne : « Malgré ces défis, l’Algérie a choisi de poursuivre ses engagements envers l’Agenda 2030, et même de les approfondir. »
Ce n’est pas une posture de façade. Depuis l’adoption de l’Agenda 2030 en 2015, l’Algérie a progressivement intégré ses 17 objectifs dans ses politiques publiques, en mettant en place des mécanismes institutionnels de coordination et de suivi, et en mobilisant différents secteurs autour de cette feuille de route. Le point d’orgue de ce processus reste la constitutionnalisation des principes du développement durable lors de la révision de la loi fondamentale en 2020, que Boukhari a présentée comme « l’expression d’une volonté politique ferme, fondée sur l’action et l’efficacité ».
Le premier rapport national volontaire, présenté en 2019, avait constitué une étape de référence. Celui de 2026, intitulé « L’Algérie vers un avenir durable, inclusif et innovant », se veut davantage qu’un bilan comptable. C’est du moins ainsi que l’a défini Boukhari, pour qui ce document « n’est pas un simple exercice technique, mais un processus participatif authentique qui intègre les voix de toutes les composantes de la société ». Devant les représentants de la société civile, du monde universitaire et des instances consultatives nationales présents dans la salle, il a été direct : « Vos contributions sont d’une importance capitale. Elles confèrent à ce rapport une maturité citoyenne, parce que vous portez des regards de terrain et des perceptions qui reflètent les préoccupations réelles des Algériens. »
La dimension diplomatique du rapport n’a pas non plus été éludée. Sofiane Chaib a rappelé que ce document remplit une double fonction : il permet d’évaluer les avancées internes en matière de développement, mais il est aussi « un mécanisme diplomatique stratégique » qui positionne l’Algérie sur la scène internationale. Pour le secrétaire d’État, le rapport doit servir à « réaffirmer les positions constantes de l’Algérie appelant à la réforme de la gouvernance mondiale, au renforcement de l’équité internationale et à l’accès des pays en développement aux financements, aux technologies et aux capacités dont ils ont besoin ». Une manière de rappeler que l’Algérie n’entend pas seulement rendre des comptes, mais aussi peser dans les débats globaux sur les conditions d’un développement juste.
Maturité institutionnelle et démocratique
La représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Algérie, Natasha Van Rijn, a salué la démarche. À ses yeux, l’élaboration de ce rapport « n’est pas une simple formalité, mais traduit une maturité institutionnelle et démocratique ». Elle a également mis en avant les efforts du pays pour diversifier son économie et avancer sur la transition énergétique, en s’appuyant sur ses potentiels en énergies renouvelables, tout en tenant compte des exigences climatiques. Et d’ajouter que le rôle de l’Algérie sur le continent africain « ne se mesure pas uniquement à sa taille ou à la solidité de ses institutions, mais se manifeste par une vision claire d’un État qui assume ses responsabilités envers ses citoyens et s’ouvre à l’évaluation internationale ». Sur le plan méthodologique, le directeur général de l’Office national des statistiques (ONS), Kamel Oukaci, a insisté sur le fait que la rencontre incarne concrètement « l’approche participative et globale adoptée par l’Algérie pour évaluer ses politiques publiques et mesurer les progrès accomplis ». L’atelier, organisé par le CNESE en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères, s’est articulé autour de deux sous-ateliers thématiques — économique et social — destinés à alimenter le rapport en recommandations pratiques et en analyses académiques, pour que le document final soit ancré autant dans la réalité du terrain que dans la rigueur scientifique. Le rapport sera soumis en juillet 2026 au Forum politique de haut niveau, instance onusienne qui examine chaque année les progrès des États membres dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Pour l’Algérie, il s’agit d’une échéance à la fois technique et politique — l’occasion de montrer que, derrière les engagements proclamés, il y a un suivi réel, des chiffres vérifiables, et une volonté de s’exposer au regard international.
Samir Benisid

