À la UneActualité

Un dégel progressif entre Alger et Paris

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a reçu un appel téléphonique de son homologue français Jean-Noël Barrot, premier échange direct entre les deux chefs de la diplomatie depuis le 3 avril 2025, dans un contexte de réchauffement progressif des relations bilatérales après une crise diplomatique sans précédent.

Selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères publié lundi, les deux ministres ont examiné « l’état des relations bilatérales entre les deux pays, ainsi que les perspectives qui s’offrent à elles ». Ils ont également procédé à un échange de vues sur « la situation dans l’espace sahélo-saharien, ainsi que sur les développements relatifs au processus de règlement de la question du Sahara occidental », précise la même source. Les deux responsables ont en outre abordé « les graves développements que connaît la région du Moyen-Orient et leurs répercussions aux plans régional et international ». Dans ce cadre, « une attention particulière a été accordée à la situation prévalant au Liban, qui constitue une source de préoccupation partagée pour les deux pays », ajoute le communiqué du ministère algérien. De son côté, le Quai d’Orsay a précisé que les discussions ont porté sur les « principaux enjeux diplomatiques d’intérêt commun en Afrique et au Moyen-Orient, en premier lieu l’escalade régionale autour de l’Iran et les récentes discussions de haut niveau relatives au Sahara occidental ». Le communiqué français indique que les deux ministres ont également évoqué les « enjeux » de la relance de la coopération bilatérale, « notamment en matière sécuritaire et migratoire ». Jean-Noël Barrot a « marqué » le souhait de la France que cette relance « produise des résultats tangibles, dans l’intérêt des deux pays ». Les deux chefs de la diplomatie « sont convenus de poursuivre ce dialogue politique, dans un contexte régional et international marqué par l’accumulation des crises », selon la même source.

Cet entretien s’inscrit dans une dynamique de dégel progressif entre Alger et Paris, un mois après la visite du ministre de l’Intérieur français Laurent Nunez à Alger les 16 et 17 février dernier. Les relations entre les deux pays traversent une crise diplomatique inédite, ayant frôlé la rupture, depuis juillet 2024, lorsque Paris avait annoncé son soutien au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. Depuis, plusieurs épisodes de tension se sont succédé, dont le rappel réciproque des ambassadeurs et l’arrestation d’un agent consulaire algérien à Paris, qui avait provoqué une nouvelle escalade après la visite de travail effectuée par Barrot à Alger en avril 2025. Il est à noter que les sujets abordés lors de cet entretien se sont concentrés sur les dossiers internationaux et régionaux, signe que les deux capitales privilégient, à ce stade, une reprise prudente et graduée du dialogue.

Hocine Fadheli

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *