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Un membre du jury d’appel fait des révélations fracassantes : La CAF dans l’embarras !

La décision du jury d’appel de la CAF retirant au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour l’attribuer au Maroc sur tapis vert (3-0) vire au scandale d’État. Entre réunion clandestine au Caire, membre du jury non convoqué et le président Motsepe alerté en amont, les magouilles de l’instance africaine éclatent au grand jour et la discréditent définitivement. Quelques jours après la publication d’un verdict aussi stupéfiant que contesté — le jury d’appel de la CAF a annulé la victoire du Sénégal (1-0 sur le terrain) en finale de la CAN-2025 pour donner le titre au Maroc, pays hôte de la compétition — les révélations s’accumulent et dessinent le portrait d’une instance gangrenée par l’opacité et les arrangements en coulisse. Le gouvernement sénégalais a d’ores et déjà réclamé une enquête internationale, évoquant ouvertement des soupçons de corruption. Le dossier pourrait bientôt atterrir devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

Une réunion secrète ?

C’est la bombe que vient de lâcher le site Sport News Africa. Le média révèle l’existence d’un message envoyé par Augustin Senghor — ancien président de la Fédération sénégalaise de football et toujours membre du Comité exécutif de la CAF — directement au président Patrice Motsepe, avant la publication officielle du verdict. Dans ce texto, Senghor écrit : «J’ai appris par hasard que la commission d’appel s’était réunie à huis clos au Caire et avait décidé de retirer au Sénégal sa victoire et son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc. J’espère qu’il s’agit d’une fake news, mais si cette information s’avère exacte, ce sera un scandale énorme et inacceptable pour le football africain.»

La question qui surgit alors est accablante : pourquoi Patrice Motsepe a-t-il ensuite prétendu publiquement ne pas avoir été informé de la décision, alors qu’un membre de son propre Comité exécutif l’avait personnellement alerté en amont ? Comment un dirigeant de l’instance a-t-il pu être au courant du verdict avant son annonce officielle ? Et qui étaient les membres présents lors de cette réunion clandestine organisée dans la capitale égyptienne, loin de tout regard extérieur ? La gouvernance de la CAF sous l’administration Motsepe-Véron Mosengo-Omba était déjà épinglée depuis des années par des rapports internes pour ses ingérences et son déficit de transparence. Sans qu’aucun correctif sérieux ne soit apporté. Cette fois, les faits révélés prennent une tout autre dimension.

Car à ce premier niveau de scandale s’en ajoute un second, plus juridiquement dévastateur encore. Mohamed Robleh Djama, avocat djiboutien et membre du jury d’appel de la CAF, a pris la parole publiquement sur la Radiodiffusion Télévision de Djibouti pour déclarer, en présence du président de la fédération djiboutienne : «Je n’ai pas participé à cette audience, ni à cette commission qui a statué sur le forfait de l’équipe du Sénégal.» Avant d’insister, avec une netteté qui traduit l’ampleur de son embarras : «Je n’ai pas participé à cette commission.» Une répétition qui en dit long. Acculé par la viralité de son nom sur les réseaux sociaux, Djama a tenu à se désolidariser publiquement d’une décision à laquelle il affirme n’avoir jamais pris part. Cette déclaration ouvre un gouffre juridique béant. Le jury d’appel de la CAF exige un quorum minimum de cinq membres pour statuer valablement. Si la composition réelle de la commission est contestée, si un membre régulier n’a ni été convoqué ni siégé, la décision rendue pourrait être frappée de nullité. Des observateurs juridiques estiment par ailleurs que l’annulation d’un résultat acquis sur le terrain — le Sénégal avait bel et bien gagné 1-0 — pour prononcer un forfait a posteriori constitue en elle-même un précédent juridiquement absurde et difficilement défendable.

L’addition est lourde pour la CAF : une réunion tenue à huis clos sans que tous les membres du jury n’y soient associés, un président de l’instance informé avant tout le monde mais feignant l’ignorance, et une décision aux relents de manipulation qui prive le Sénégal d’un titre gagné sur le terrain. Le TAS aura le dernier mot. Mais le mal est fait, et la crédibilité de l’institution africaine, déjà fragile, en sort sérieusement écornée.

M.D.

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