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Boxe féminine : Imane Khelif lance sa carrière pro le 23 avril à Paris

C’est à Paris, ville de sa consécration olympique, qu’Imane Khelif écrira le premier chapitre de sa carrière professionnelle. 

La championne olympique algérienne des -66 kg montera sur le ring le 23 avril prochain à la salle Wagram face à l’Allemande Julia Igel, dans un combat en six rounds prévu dans la catégorie des welters, sous moins de 67 kg. L’annonce a été faite par son promoteur, l’ancien champion du monde Brahim Asloum, confirmant ainsi une échéance très attendue par les amateurs de boxe du monde entier. À 26 ans, Khelif (1,78 m) franchit le Rubicon avec l’aura d’une championne déjà adulée bien au-delà des frontières du continent africain. Sacrée aux Jeux olympiques de Paris 2024 dans une atmosphère électrique après une compétition marquée par une polémique internationale sur son éligibilité, la pugiliste de Tiaret aborde cette nouvelle aventure avec un statut à part dans le monde de la boxe féminine. Préparée à Paris depuis le mois d’octobre dernier sous la houlette de John Dovi, ancien sélectionneur de l’équipe de France et technicien réputé, elle a méthodiquement construit sa transition vers le professionnalisme loin des caméras, dans le silence des salles d’entraînement. Son adversaire du 23 avril est loin d’être une inconnue. Julia Igel, gauchère allemande de 25 ans (1,70 m), évolue dans le monde professionnel depuis juin 2024 et affiche un bilan contrasté de cinq victoires, dont quatre avant la limite, pour deux défaites aux points. Sa dernière sortie remonte au 27 février dernier, en Californie, où elle s’est inclinée face à l’Américaine invaincue Stephanie Simon. Ce revers récent pourrait laisser penser à un choix d’adversaire mesuré pour les débuts de Khelif, mais la gauchère allemande reste une boxeuse techniquement formée, capable de poser des problèmes à n’importe quelle rivale. Rien ne sera laissé au hasard pour celle qui entame sa vie de professionnelle sous les yeux d’un public parisien qui lui est acquis.

La préparation d’Imane Khelif a été méticuleuse. Selon son entraîneur John Dovi, la boxeuse multiplie les séances d’opposition pour retrouver le rythme de la compétition, lui qui fait souvent défaut aux pugilistes effectuant leur transition depuis l’amateurisme. Elle s’est notamment entraînée à l’INSEP, temple du sport de haut niveau français, aux côtés de Maelys Richols, afin de varier les profils et d’affûter ses automatismes. Avant même le rendez-vous du 23 avril, Khelif disputera un combat test en six rounds face à Davina Michel, participante aux Jeux de Paris 2024 dans la catégorie des -75 kg, lors d’une séance à huis-clos avec public prévue dans les prochaines semaines. Un galop d’essai supplémentaire destiné à huiler la mécanique avant le grand saut.

Le choix de Brahim Asloum comme promoteur n’est pas anodin. Figure emblématique de la boxe française, champion olympique à Sydney 2000 dans la catégorie des poids-mi-mouches et ancien champion du monde professionnel, l’ancien pugiliste d’origine algérienne connaît mieux que quiconque les exigences de cette transition délicate entre les deux codes. Son expérience et son carnet d’adresses constituent des atouts précieux pour construire la carrière professionnelle de Khelif sur des bases solides, en évitant les écueils qui ont parfois précipité la chute de grands espoirs amateurs une fois passés professionnels.

Imane Khelif est devenue bien plus qu’une sportive : une icône, un symbole de résilience et de dépassement de soi. Sa montée sur le ring parisien le 23 avril sera suivie avec une ferveur immense. Il lui appartient désormais de transformer l’or olympique en succès professionnel, et de prouver que la légende ne fait que commencer.

M. Dahleb

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