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La filière halieutique en pleine croissance à Annaba : Cap sur une production de 10.000 tonnes en 2026

À Annaba, la filière halieutique affiche une santé insolente.  Portée par l’extension de sa flottille, le développement de l’aquaculture et une ouverture progressive à l’export, la wilaya enregistre une croissance soutenue de sa production. Après avoir frôlé les 9.000 tonnes en 2025, le secteur ambitionne désormais de franchir un cap symbolique dès 2026 : atteindre les 10.000 tonnes, un seuil inédit pour la région.

Le secteur de la pêche dans la wilaya d’Annaba confirme son redressement avec une production en nette progression. En 2025, la production halieutique a atteint près de 9.000 tonnes, marquant une hausse significative par rapport aux années précédentes, où elle stagnait autour de 8.000 tonnes. Cette tendance haussière devrait se poursuivre, avec des projections pour 2026 tablant sur un volume global de 10.000 tonnes. Ce seuil, inédit pour la région, est révélateur d’une structuration progressive de la filière halieutique locale. Ces résultats et ces ambitions sont le fruit des efforts déployés par les responsables du secteur, portés notamment par l’expansion continue de la flottille.

En effet, l’un des moteurs de cette croissance réside dans le renforcement des moyens de production. Le nombre d’embarcations de pêche a connu une évolution notable, passant de 457 navires en 2007 à 642 en 2020. Cette dynamique devrait se poursuivre pour atteindre 652 unités à l’horizon 2026. À cela s’ajoute l’intégration de nouvelles embarcations, dont un thonier, traduisant ainsi une volonté d’élargir les capacités de pêche, notamment vers des espèces à forte valeur ajoutée comme le thon, très prisé sur les marchés internationaux.

Outre cela, le secteur halieutique d’Annaba amorce également son insertion dans les circuits du commerce extérieur. En 2025, près de deux tonnes de thon ont été exportées, une première étape vers la diversification des débouchés. Même si ces volumes restent modestes, ils témoignent d’un potentiel réel. À l’échelle nationale, l’Algérie cherche à développer ses exportations halieutiques, notamment vers les marchés européens et asiatiques, où la demande en produits de la mer est en constante augmentation, faisant de ce créneau un nouveau levier de croissance économique.

Car au-delà de la pêche traditionnelle, l’aquaculture et la pisciculture prennent une place croissante et de plus en plus structurante dans l’économie locale, régionale et nationale. Ces activités permettent de stabiliser l’offre, de réduire la pression sur les ressources marines et d’assurer un approvisionnement régulier des marchés. À l’échelle nationale, l’aquaculture est considérée comme un secteur stratégique. L’Algérie dispose d’un littoral de plus de 1.200 kilomètres, offrant des conditions favorables au développement de fermes marines et d’élevages de poissons, notamment la dorade et le tilapia.

Ces activités en plein essor s’accompagnent d’un renforcement des infrastructures. Le nombre de poissonneries dans la wilaya d’Annaba dépasse désormais la vingtaine, traduisant une meilleure organisation de la distribution. Par ailleurs, un projet structurant est en cours dans la commune de Chetaïbi, avec la réalisation d’un port de pêche capable d’accueillir jusqu’à 600 navires. Ce futur pôle viendra compléter le port principal d’Annaba, dont la capacité dépasse déjà les 1.200 embarcations. Ensemble, ces infrastructures génèrent plus de 6.000 emplois directs et indirects, confirmant le poids socio-économique du secteur dans la région.

Dans ce contexte national marqué par la volonté de diversification hors hydrocarbures, la pêche et l’aquaculture s’imposent désormais comme des piliers de l’économie locale à Annaba. Le secteur halieutique offre des perspectives prometteuses. Néanmoins, les défis restent nombreux : modernisation des techniques de pêche, préservation des ressources marines, amélioration de la chaîne de froid et accès aux marchés internationaux. Mais à la lumière des indicateurs actuels, Annaba semble bien engagée pour devenir l’un des pôles majeurs de la production halieutique en Algérie à court et moyen terme.

Sofia Chahine

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