Des auditons pour l’entrée dans la chorale : L’Opéra d’Alger ouvre ses portes aux voix de demain
Des auditions pour le chœur de l’Opéra d’Alger ont réuni, vendredi et samedi, candidats passionnés et jury d’excellence dans une atmosphère de ferveur artistique rare.
Pendant deux jours, les 10 et 11 avril, l’Opéra d’Alger Bouâlem Bessaïeh a vibré au rythme d’une sélection exigeante. De dix heures du matin à quinze heures, ses salles ont accueilli une cohorte de voix espérantes, venues tenter leur chance pour intégrer l’une des formations chorales les plus prestigieuses du pays. L’institution, qui s’impose depuis plusieurs années comme le cœur battant de la vie lyrique algérienne, a ouvert grand ses portes à ces candidats porteurs d’un rêve commun : chanter ensemble, sur la scène nationale, dans la rigueur et la beauté du chant choral.
L’ambiance qui régnait dans les couloirs et les salles d’audition tenait autant de la concentration que de l’émotion. Car se présenter devant un jury de cette trempe n’est pas anodin. Les candidats avaient été invités à préparer une pièce vocale de leur choix — classique, lyrique ou issue de tout répertoire jugé pertinent —, et pouvaient, de manière facultative mais fortement recommandée, démontrer leurs aptitudes en lecture de partition. Des entretiens artistiques avec la commission d’évaluation complétaient le dispositif, offrant à chaque voix l’occasion de se révéler au-delà de la seule performance technique.
À la tête de ce jury, deux figures incontournables du monde musical algérien. Zohir Mazari, chef du chœur de l’Opéra, a conduit les auditions avec la précision bienveillante de celui qui sait ce que chanter en collectif exige : justesse, écoute, effacement du moi au profit du tout. À ses côtés, le maestro Lotfi Saïdi, directeur de l’Orchestre symphonique, a apporté l’autorité et la sensibilité d’un homme rompu aux exigences de la grande scène. Ensemble, ils ont évalué chaque candidat selon des critères artistiques stricts, reflet des ambitions que l’institution nourrit pour son chœur.
Car l’Opéra d’Alger ne cherche pas simplement des voix. Il cherche des tempéraments. L’appel lancé aux candidats était éloquent dans sa formulation : étaient conviées les voix « capables de ressentir la note, de maîtriser le rythme, et portant en elles l’esprit du travail collectif ». Une invitation autant philosophique que musicale, qui dit beaucoup de la vision artistique qui anime l’institution. Le chœur n’est pas une addition de solistes, c’est un organisme vivant où chaque voix renonce à une part d’elle-même pour que l’ensemble respire d’un souffle unifié.
Ces auditions s’inscrivent dans une dynamique de renouvellement et d’élargissement que l’Opéra d’Alger entretient avec constance. Enrichir les rangs de son chœur, c’est aussi élargir le spectre des œuvres qu’il peut aborder, renforcer sa présence sur les grandes productions lyriques nationales et affirmer son rôle dans la formation d’une culture musicale vivante.
Mohand Seghir

