Approvisionnement du marché énergétique : Les jalons d’un système de surveillance souverain posé
Le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et la Haute-Commissaire au Numérique, Meriem Benmouloud, ont coprésidé dimanche au siège du ministère des Hydrocarbures une réunion de coordination consacrée à un projet d’envergure : la mise en place d’un système informatique intégré de suivi de l’approvisionnement du marché national et du bon fonctionnement du service public. Le réseau souverain sécurisé « Arias » et un système de messagerie courte étaient également au cœur des discussions.
Le communiqué du ministère précise qu’elle fait suite aux directives « du Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, transmises lors du Conseil interministériel du jeudi 9 avril 2026 » — ce qui traduit une volonté politique au plus haut niveau d’accélérer la transformation numérique du secteur stratégique de l’énergie. Autour de la table, les premières figures du secteur : le PDG du groupe Sonatrach, Noureddine Daoudji, le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, Amine Remini, le PDG de Naftal, Djamel Cherdoud, ainsi que le PDG de l’Algérienne des eaux dessalées, Lahcen Bada. Des représentants des corps de sécurité et des cadres des deux ministères complétaient l’assistance. L’enjeu est clair : doter l’État d’un outil de pilotage en temps réel de ses chaînes d’approvisionnement énergétiques. Selon le communiqué, la rencontre « a été consacrée à l’étude des modalités de concrétisation de ce projet, notamment dans son volet lié à l’amélioration du service public et à la garantie de l’approvisionnement du marché national, particulièrement en ce qui concerne les carburants et les différents produits pétroliers, ainsi que la continuité de l’approvisionnement en eau dessalée ». Il s’agit, en d’autres termes, de prévenir toute rupture de stock ou défaillance logistique avant qu’elle ne survienne, grâce à une architecture numérique capable d’anticiper et d’alerter.
Pour y parvenir, la Haute-Commissaire au Numérique a présenté les mécanismes déjà en développement, que le communiqué décrit comme « les différents outils numériques liés au système de gouvernance des données, au réseau souverain et à l’interopérabilité, visant à interconnecter les différents secteurs ministériels via des systèmes d’information unifiés ». L’objectif affiché est double : améliorer le suivi des filières de production et de distribution, et « renforcer la transparence et l’efficacité dans la gestion du service public ».
Mohamed Arkab a, pour sa part, insisté sur « l’importance stratégique de ce projet dans le soutien à la sécurité d’approvisionnement en produits énergétiques et la garantie de la continuité du service public », appelant à « une coordination rigoureuse entre les différents intervenants et à l’intensification des efforts pour accélérer le rythme de réalisation selon les plus hauts standards techniques ». De son côté, Meriem Benmouloud a réaffirmé « l’engagement de son institution à accompagner le secteur des hydrocarbures dans la concrétisation de ce projet, à travers la fourniture de solutions numériques innovantes et la valorisation des données, de nature à renforcer la souveraineté numérique nationale ».
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’État, portée par la présidence de la République et déclinée secteur par secteur.
Sabrina Aziouez

