La revue rend hommage à Liamine Zéroual : « El Djeïch » appelle à l’unité nationale dans un monde en turbulences
La revue mensuelle de l’Armée nationale populaire, El Djeïch, a consacré son éditorial d’avril 2026 à la mémoire de Liamine Zéroual, ancien président de la République décédé le 28 mars dernier à l’âge de 85 ans. Loin du simple exercice commémoratif, le texte livre un message politique fort, ancré dans le temps présent : l’héritage du défunt doit servir de boussole à une nation appelée à resserrer ses rangs face aux turbulences d’un environnement régional et international de plus en plus instable. L’Algérie lui a rendu un dernier hommage solennel en présence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées, de hauts responsables de l’État, de compagnons d’armes et d’une foule de citoyens venus de toutes les régions du pays. Une cérémonie d’inhumation que la revue décrit comme le reflet de l’attachement profond du peuple algérien à « ce valeureux et loyal patriote ». « Depuis son jeune âge, il s’est imprégné des valeurs d’amour de la Patrie, du sacrifice, de l’abnégation et du don de soi », écrit la revue, rappelant que Zéroual avait rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale à seulement seize ans. Officier après l’indépendance, ambassadeur, ministre de la Défense nationale, chef de l’État puis président élu : un parcours ascendant au service exclusif de la République, sans jamais fléchir ni marchander. « Il n’a jamais hésité à répondre à l’appel de la Patrie chaque fois qu’elle avait besoin de lui », souligne la publication. C’est sa présidence, exercée dans l’une des périodes les plus éprouvantes de l’histoire nationale, que la revue met particulièrement en lumière. « Plébiscité par le peuple algérien à une époque où le pays traversait une de ses périodes les plus sombres, il a géré son mandat avec sagesse, clairvoyance et perspicacité, contribuant grandement à éteindre les feux de la sédition et à remettre notre pays sur la bonne voie après avoir été au bord de l’effondrement. » El Djeïch rappelle également le témoignage personnel du président Tebboune, qui avait rendu hommage à Zéroual en des termes d’une rare chaleur : « J’éprouve une affection particulière à l’égard de Monsieur Liamine. Lorsqu’on échange avec lui, on parle avec un Algérien authentique, un homme intègre et patriotique, qui n’a jamais triché à aucun moment, et j’atteste personnellement de sa profonde sympathie envers le simple citoyen. » La revue voit dans ces qualités — honnêteté, humilité, rigueur, proximité avec le peuple — « des valeurs que tout Algérien, jaloux de son pays, se doit d’adopter et d’en faire un modèle à suivre ».
Mais l’éditorial ne s’arrête pas à l’éloge funèbre. Il déploie, à travers la figure de Zéroual, un appel explicite à la cohésion nationale dans le contexte actuel. « Il ne fait aucun doute que cette étape sensible exige, plus que jamais, une unité nationale solide, un front interne puissant, harmonieux et cohérent ainsi que le ralliement de toutes les forces vives autour des intérêts suprêmes du pays », affirme la revue, dans un contexte international marqué, selon ses propres termes, par « des troubles, des perturbations et de l’instabilité ».
Citant le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major, la revue rappelle l’engagement des forces armées à « garantir la sécurité et la stabilité de la Patrie » et à « accompagner les efforts sincères de développement déployés jour et nuit pour la prospérité et le progrès de l’Algérie nouvelle ». En conclusion, El Djeïch affirme sa confiance dans la pérennité d’une Algérie « forte et majestueuse », portée par « le haut niveau de conscience de son peuple » et déterminée à « consolider sa place dans le concert des nations ».
Chokri Hafed
