Oum El Bouaghi : Sonelgaz asphyxiée par 726 milliards de centimes d’impayés
La direction de distribution de Sonelgaz à Oum El Bouaghi se retrouve étranglée par une dette colossale : plus de 726 milliards de centimes de créances clients non recouvrées, concentrées à près de 70 % sur les ménages. Vols d’électricité, branchements illicites et disparités criantes entre agences commerciales aggravent une situation que l’entreprise qualifie elle-même de préoccupante.
Dans un communiqué rendu public récemment, la Société nationale de l’électricité et du gaz tire la sonnette d’alarme face à l’accumulation record de ces impayés, qui touchent l’ensemble de ses segments de clientèle. Malgré les dispositifs de facilitation de paiement et les propositions d’échelonnement multipliées pour permettre aux clients de régulariser leur situation à l’amiable, avant d’éventuelles procédures réglementaires, la tendance générale des impayés demeure à la hausse. L’analyse détaillée des créances révèle un déséquilibre structurel marqué. Les ménages représentent à eux seuls plus de 508 milliards de centimes, soit 70,09 % du total. Les communes arrivent en deuxième position avec plus de 56 milliards de centimes, soit 7,8 % de l’encours global, suivies des créances liées à des travaux réalisés par Sonelgaz, estimées à plus de 48 milliards. Les administrations publiques ainsi que les entreprises privées et publiques totalisent quant à elles environ 33,8 milliards de centimes. Cette concentration de la dette sur la clientèle domestique pousse l’entreprise à envisager un renforcement des mécanismes de recouvrement, notamment à l’égard des ménages.
Sur le plan territorial, les créances se répartissent de façon très inégale entre les sept agences commerciales de la wilaya. L’agence d’Aïn Kercha arrive largement en tête avec plus de 173,6 milliards de centimes, représentant 34,14 % du total. Elle est suivie par Aïn Fakroune avec 88,2 milliards de centimes, soit 17,35 %, puis Aïn M’lila avec 78,7 milliards, soit 15,47 %. Les agences d’Oum El Bouaghi (68,9 milliards), Aïn Beïda (58,1 milliards), Souk Naâmane (33 milliards) et Meskiana (7,8 milliards) enregistrent des niveaux plus faibles, mais qui restent significatifs.
Cette concentration des impayés dans les zones occidentales de la wilaya met en lumière des disparités locales qui interrogent l’efficacité des mécanismes de recouvrement et des campagnes de sensibilisation dans certaines régions.
Le fléau des branchements illicites
À ces difficultés financières s’ajoute un indicateur tout aussi alarmant : un taux de pertes d’énergie électrique estimé à 20,03 %, soit plus de 34 millions de kilowattheures perdus, représentant un manque à gagner évalué à environ 14,5 milliards de centimes. Ces pertes sont principalement imputées aux vols d’électricité et aux branchements illicites, un phénomène qui continue de peser lourdement sur l’équilibre économique de l’entreprise.
Face à l’ensemble de ces difficultés, Sonelgaz insiste sur la nécessité de renforcer les contrôles et d’intensifier la sensibilisation des usagers, afin de préserver la viabilité du service public et garantir la continuité de l’approvisionnement énergétique.
Sofia Chahine

