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Face à l’invasion de la chenille processionnaire à Jijel : La riposte s’organise à El Ancer

Les forêts de pin maritime d’El Ancer, dans la wilaya de Jijel, sont sous la menace d’une infestation de chenilles processionnaires. Les services forestiers ont déclenché un dispositif d’urgence pour enrayer la progression du ravageur, tandis que les autorités appellent la population à la vigilance face à un fléau qui cumule risques écologiques et dangers sanitaires. La progression de la chenille processionnaire du pin dans les forêts de la commune d’El Ancer suscite une vive préoccupation chez les autorités locales, les spécialistes de l’environnement et les riverains. Ce phénomène, accentué par des conditions climatiques favorables à la reproduction du parasite, met en péril un écosystème forestier déjà fragile. Sur le terrain, les services forestiers ont renforcé leur dispositif de veille et de lutte. Des opérations régulières d’inspection sont menées dans la forêt domaniale de Beni Aïcha, notamment dans les localités d’Ouled Chebana et Akhrat, où la présence de nids soyeux et de colonies de chenilles a été confirmée en nombre préoccupant. Ces constats ont conduit à l’adoption de mesures d’urgence visant à freiner la propagation du ravageur. La chenille processionnaire est connue pour les dégâts considérables qu’elle cause aux pins maritimes. En se nourrissant des aiguilles, elle provoque une défoliation progressive qui affaiblit les arbres, ralentit leur croissance et les expose davantage aux maladies et aux attaques d’autres parasites. À terme, une infestation massive peut entraîner un dépérissement généralisé des peuplements forestiers, compromettant leur rôle essentiel dans la protection des sols contre l’érosion et dans la régulation du climat local.

Les répercussions ne se limitent pas à la flore. La dégradation de l’habitat forestier affecte l’ensemble de la biodiversité associée. Oiseaux, insectes pollinisateurs et petits mammifères voient leurs sources de nourriture et leurs abris se réduire, ce qui perturbe l’équilibre naturel et fragilise la résilience globale de l’écosystème. À ces enjeux environnementaux s’ajoute un risque sanitaire réel. Les poils urticants de la chenille processionnaire peuvent provoquer de fortes réactions allergiques : irritations cutanées, démangeaisons, lésions oculaires, voire troubles respiratoires en cas d’inhalation. Les enfants, les personnes âgées et les individus sensibles sont particulièrement exposés. Les promeneurs, randonneurs et travailleurs forestiers sont appelés à redoubler de vigilance, le simple passage à proximité d’un arbre infesté pouvant suffire à déclencher des symptômes.

Pour faire face à cette situation, les services concernés envisagent plusieurs méthodes de lutte : destruction mécanique des nids, installation de pièges à phéromones pour limiter la reproduction et, dans certains cas, recours à des traitements biologiques respectueux de l’environnement. Des campagnes de sensibilisation sont menées en parallèle pour informer la population des risques et des comportements à adopter. Les autorités insistent sur la nécessité d’une participation citoyenne active. Les habitants sont invités à signaler toute présence suspecte de chenilles ou de nids, à éviter tout contact direct avec l’insecte et à respecter strictement les consignes de sécurité. Une action coordonnée entre les services forestiers, les collectivités locales et la population s’impose aujourd’hui pour contenir la propagation de ce ravageur et préserver durablement les forêts de pin maritime d’El Ancer, patrimoine naturel et économique de toute la région.

Sofia Chahine

admin

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