Quatorze pays dont l’Algérie dénoncent la nomination d’un envoyé israélien au « Somaliland »
Quatorze pays, dont l’Algérie, ont condamné samedi dans un communiqué conjoint la décision de l’entité sioniste de nommer un envoyé diplomatique auprès du « Somaliland », région sécessionniste non reconnue par la communauté internationale. Une initiative qualifiée de « violation flagrante de la souveraineté » de la Somalie, qui suscite un rejet unanime allant de la Ligue arabe à l’Union africaine. Les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de l’Égypte, de la Somalie, du Soudan, de la Libye, du Bangladesh, de l’Arabie saoudite, de la Palestine, de la Turquie, de l’Indonésie, du Pakistan, du Koweït, de la Jordanie et des Émirats arabes unis ont signé ce texte commun, affirmant leur « rejet total de toutes les mesures unilatérales portant atteinte à l’unité des États ou à leur souveraineté ». Le communiqué souligne le « soutien constant à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie, ainsi qu’aux institutions légitimes de l’État somalien, en tant que seule partie représentant la volonté du peuple somalien ». Les signataires estiment que de telles mesures constituent « un précédent dangereux susceptible de compromettre la stabilité de la région de la Corne de l’Afrique, avec des répercussions négatives sur la paix et la sécurité régionales dans leur ensemble ».
Cette condamnation collective fait écho à la réaction du secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, qui a qualifié la décision israélienne d’« escalade dangereuse » et de mesure « nulle et illégale ». Dans un communiqué publié par la Ligue et rapporté par l’Agence de presse du Moyen-Orient, Aboul Gheit a dénoncé « une transgression claire de la Charte des Nations unies et des règles du droit international, sans aucune conséquence juridique ». Le porte-parole de la Ligue, Djamel Rochdi, est allé plus loin, avertissant que ces démarches représentent « une menace directe pour la sécurité nationale arabe ainsi que pour la paix et la sécurité dans la mer Rouge, le golfe d’Aden et la Corne de l’Afrique », et constituent « une tentative dangereuse de redessiner la carte géopolitique de la région, mettant en péril la liberté de navigation et le commerce international ». Il a réaffirmé la position du Conseil de la Ligue arabe, exprimée lors de sa réunion extraordinaire du 28 décembre dernier, rejetant « catégoriquement toute forme de reconnaissance ou de traitement avec la région en dehors du cadre de la souveraineté somalienne ». L’Union africaine a, elle aussi, haussé le ton. La Commission de l’UA a exprimé dimanche sa « profonde préoccupation » et condamné fermement la nomination annoncée, rappelant que « l’Union ne reconnaît pas le Somaliland comme un État indépendant » et que « toute reconnaissance unilatérale du Somaliland est nulle et non avenue ». Se référant au communiqué de la 1324e réunion du Conseil de paix et de sécurité du 6 janvier 2026, la Commission a averti que « de telles actions risquent de déstabiliser la région », réaffirmant « le respect indéfectible de l’Union africaine pour la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Somalie, conformément à l’Acte constitutif de l’Union africaine et au droit international ».
Cette mobilisation diplomatique internationale intervient dans le prolongement d’une décision prise fin décembre par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui avait annoncé la reconnaissance du « Somaliland » comme État indépendant et souverain. Le gouvernement somalien avait immédiatement rejeté cette annonce, la qualifiant d’« atteinte directe à la souveraineté et à l’unité nationale du pays ». La nomination d’un envoyé diplomatique marque une nouvelle étape dans cette stratégie israélienne d’implantation dans la Corne de l’Afrique, une région au carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial, et que de nombreux observateurs considèrent désormais comme un nouveau front dans les reconfigurations géopolitiques en cours au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est.
L.S.
