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Un think-tank américain salue le leadership d’Alger : L’Algérie, terre de dialogue interreligieux

La visite historique du pape Léon XIV en Algérie continue de faire des vagues bien au-delà des rives méditerranéennes. Un think-tank américain vient de publier une analyse saluant le rôle de l’Algérie comme modèle mondial de tolérance et de dialogue interreligieux, sous la plume d’un ancien diplomate albanais qui n’a pas ménagé ses éloges.

Arben Cici, ancien ambassadeur d’Albanie au Danemark, en Croatie et en Russie, aujourd’hui chargé de cours en relations internationales à l’université méditerranéenne d’Albanie, signe cette analyse remarquée. Pour ce fin connaisseur des équilibres diplomatiques européens et méditerranéens, la visite du Souverain pontife à Alger constitue un «moment particulièrement inspirant et symboliquement fort» dans le paysage des relations interreligieuses contemporaines. Une formule qui résume à elle seule l’écho considérable qu’a suscité, à l’échelle internationale, ce déplacement inédit d’un pape en terre algérienne.

L’ancien diplomate ne s’arrête pas à la symbolique du geste. Il en décrypte la portée géopolitique et spirituelle avec une précision qui témoigne d’une lecture approfondie du dossier algérien. «Les images du pape, chaleureusement accueilli à Alger, ont résonné dans le monde entier, faisant entendre la voix de l’Algérie comme modèle de tolérance et de stabilité à un moment où le monde a désespérément besoin de tels exemples», écrit-il, dans une formulation qui dit autant sur l’état du monde que sur la singularité algérienne.

Ce qui frappe dans l’analyse de M. Cici, c’est la densité des registres qu’il mobilise pour qualifier ce moment diplomatique exceptionnel. Le voyage du pape Léon XIV, affirme-t-il, «a magnifiquement mis en lumière le rôle éclatant de l’Algérie comme terre d’accueil authentique, de sagesse ancestrale puisant ses racines dans l’héritage de Saint Augustin, et de leadership visionnaire qui unit les confessions, les cultures et les continents». La référence à Augustin d’Hippone — ce fils de la Numidie antique devenu l’un des piliers de la pensée chrétienne occidentale — n’est pas anodine. Elle inscrit la visite papale dans le temps long de l’histoire, rappelant qu’avant d’être un enjeu de l’actualité, le dialogue entre les civilisations est une vocation profondément enracinée dans le sol algérien.

Le choix de l’Algérie comme première étape de la tournée africaine du Souverain pontife est, aux yeux de l’analyste, tout sauf le fruit du hasard. Le pape, souligne-t-il, «a délibérément entamé son voyage historique en Afrique par l’Algérie, un choix réfléchi et profond, empreint d’une signification spirituelle, historique et géopolitique majeure». Ce faisant, le Vatican a implicitement reconnu et consacré le statut d’Alger comme interlocuteur incontournable sur la scène internationale — celui d’«une nation qui défend depuis longtemps la non-ingérence, l’autodétermination et la réconciliation», selon les termes mêmes de M. Cici.

Contribution essentielle de l’Algérie à la stabilité régionale

L’analyse s’étend également à la dimension énergétique et stratégique. Dans le contexte géopolitique actuel, cette visite «souligne la contribution essentielle de l’Algérie à la stabilité du Maghreb, de l’Afrique, du monde islamique et de la région MENA au sens large, en mettant en avant ses partenariats énergétiques qui renforcent la sécurité de l’Europe et ouvrent des perspectives prometteuses pour la coopération méditerranéenne et balkanique». Sur le plan protocolaire, M. Cici a tenu à souligner la chaleur de l’accueil réservé au chef de l’Église catholique. Le président Abdelmadjid Tebboune «a personnellement accueilli le Souverain pontife à l’aéroport international Houari-Boumediene», rappelle-t-il, avant d’ajouter que «personnalités, société civile et citoyens algériens ont manifesté un enthousiasme débordant lors de cette visite, témoignant de la profonde culture de tolérance et de fraternité qui caractérise le pays». Un tableau qui dépasse la mise en scène diplomatique pour dire quelque chose d’essentiel sur la société algérienne elle-même. En conclusion, l’ancien diplomate élève la visite papale au rang d’événement historique structurant, estimant qu’elle «dépasse le cadre protocolaire pour s’inscrire comme un événement porteur d’espoir, traduisant la contribution de l’Algérie à la promotion du dialogue, de la paix et de la stabilité au niveau régional et international».

Salim Amokrane

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