Grand coup de balai dans le foncier à Skikda : Les projets fictifs dans le viseur
En 2025, les autorités de la wilaya de Skikda ont prononcé 79 arrêtés d’annulation portant sur 278 parcelles industrielles et touristiques, récupérant plus de 137 hectares gelés par des investisseurs défaillants. Une opération d’assainissement foncier d’une ampleur inédite, qui illustre la volonté de l’État de mettre fin aux pratiques spéculatives et de relancer un investissement productif réel.
La lutte contre les projets fictifs franchit un nouveau cap à Skikda. Les autorités locales ont engagé une vaste opération d’assainissement du foncier industriel et touristique non exploité, ciblant les bénéficiaires défaillants n’ayant pas honoré leurs engagements ni concrétisé leurs projets d’investissement. L’objectif est de récupérer des assiettes foncières stratégiques pour les réaffecter à des investisseurs crédibles, capables de générer une réelle valeur ajoutée. Au titre de cette opération, pas moins de 79 arrêtés d’annulation ont été enregistrés au cours de l’année 2025, portant sur 278 parcelles réparties dans les zones industrielles et les zones d’activité. Résultat : plus de 113 hectares initialement gelés ont été récupérés et remis dans le circuit économique. Le secteur touristique n’est pas en reste : huit décisions d’annulation ont également été actées dans les zones d’expansion touristique, permettant de récupérer près de 24 hectares supplémentaires, dans une wilaya pourtant dotée d’un potentiel balnéaire et naturel considérable. En parallèle, les services compétents ont procédé à la résiliation à l’amiable de plusieurs contrats liés à des biens publics. Cinq contrats portant sur des propriétés de l’État, répartis sur huit lots, ont été annulés, libérant plus de deux hectares. Cinq autres contrats relatifs à des biens communaux ont suivi la même procédure. Sur le plan judiciaire, l’Agence de gestion et de régulation foncière urbaine a en outre récupéré plus de 23 hectares supplémentaires, confirmant la fermeté des pouvoirs publics face aux investisseurs défaillants. Ce dispositif s’appuie désormais sur des outils numériques, notamment via la plateforme de l’Agence algérienne de promotion des investissements (AAPI), sur laquelle les terrains récupérés sont réinjectés afin d’être attribués dans un cadre plus transparent et compétitif. Cette digitalisation marque une rupture avec les anciennes pratiques et vise à sécuriser le parcours de l’investisseur.
Au-delà des mesures coercitives, les autorités locales misent sur une approche globale pour redynamiser l’attractivité du territoire. La mise à niveau des zones d’activité figure parmi les priorités, avec le renforcement des infrastructures de base : raccordement aux réseaux énergétiques et déploiement de la fibre optique. Des prérequis essentiels pour attirer des projets structurants dans des secteurs à fort potentiel, tels que l’industrie de transformation, la logistique ou le tourisme durable. Cette offensive contre les projets fantômes s’inscrit dans une stratégie nationale visant à moraliser la gestion du foncier public et à stimuler une croissance économique réelle.
Sofia Chahine

