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Coupe d’Algérie : Constantine rêve d’histoire, Batna défie l’ogre rouge et noir

Deux demi-finales, quatre clubs aux ambitions antagonistes et une seule finale à saisir.

Vendredi soir, la Coupe d’Algérie entrera dans sa phase décisive avec deux affiches qui valent bien plus que leur mise : à Constantine, le CSC et le CRB se disputeront un billet historique pour la grande finale, tandis qu’à Batna, le modeste CA Batna tentera l’exploit face à l’USM Alger, tenant du trophée et finaliste de la Coupe de la Confédération. Le goût du suspense est garanti.

À Batna d’abord, où le stade du 1er-Novembre 1954 s’annonce en effervescence. Le CA Batna, pensionnaire de Ligue 2 amateur et récemment détrôné de la tête de son groupe Centre-Est au profit de l’US Biskra, accueille chez lui le mastodonte rouge et noir de la capitale. Sur le papier, l’écart de niveau entre les deux formations est abyssal. Sur le terrain de la Coupe, il ne vaut plus grand-chose. Et le CAB le sait mieux que quiconque. Le club des Aurès aborde cette demi-finale avec la liberté des équipes qui n’ont rien à perdre et tout à gagner. Porté par ses supporters dans son antre — qui fera certainement le plein pour l’occasion — il rêve tout haut d’une troisième finale dans son histoire, après celles de 1997 et de 2010. Deux finales, deux défaites : face à l’USMA en 1997, sur un but de l’ancien international Tarek Ghoul à la 52e minute, puis face à l’ES Sétif en 2010, sur un cinglant 3-0. Les mémoires sont longues à Batna, et la revanche de 1997 contre le même adversaire n’a rien d’anodin dans les esprits. Ce n’est pas un match de football, c’est un règlement de comptes historique que le CAB rêve d’inscrire dans ses annales.

En face, l’USM Alger débarque avec le costume du favori, mais aussi les jambes d’une équipe qui sort d’une campagne continentale épuisante. Les Rouge et Noir viennent d’arracher leur qualification pour la finale de la Coupe de la Confédération aux dépens de l’Olympique Safi — 0-0 à l’aller, 1-1 au retour — dans un double affrontement où la maîtrise a primé sur le spectacle. Tenant du trophée national, l’USMA affiche des ambitions claires : enchaîner une deuxième finale consécutive en Coupe d’Algérie et poursuivre une saison qui pourrait s’achever en apothéose. Mais la route passe par Batna, ce vendredi, et personne n’y fera de cadeau.

L’autre demi-finale se jouera à Constantine, et elle promet une intensité d’une tout autre nature. Le CS Constantine reçoit le CR Belouizdad dans un duel entre deux formations aux trajectoires divergentes cette saison, mais dont la motivation est identique : aller chercher une finale et sauver — ou sublimer — un exercice difficile. Le CSC traverse une période de regain de forme saisissante. Après avoir ramené un nul précieux de Tizi-Ouzou face à la redoutable JS Kabylie (2-2), les Constantinois ont renversé le leader du championnat, le MC Alger, à domicile sur le score de 2-0, dans un match abouti qui a confirmé la montée en puissance de l’équipe de l’entraîneur tunisien Lassaâd Dridi. Le retour de suspension du capitaine Brahim Dib tombe à point nommé : l’homme fort du milieu retrouve ses coéquipiers pour le match le plus important de la saison.

Et ce match résonne bien au-delà du simple enjeu sportif. Le CS Constantine n’a jamais disputé la finale de la Coupe d’Algérie. Jamais. Ce vendredi représente donc une occasion unique, presque historique, de franchir un cap que le club n’a encore jamais franchi. Rentrer dans l’histoire par la grande porte, devant son public, face au CRB : le scénario ne pouvait pas être mieux écrit.

Car le Chabab, de l’autre côté, traverse une saison en demi-teinte. Distancé en championnat, éliminé en demi-finale de la Coupe de la Confédération par les Égyptiens du Zamalek — 1-0 à l’aller, 0-0 au retour — le CRB se retrouve dans la position inconfortable d’une équipe qui doit absolument sauver les meubles. La Coupe d’Algérie n’est plus une option parmi d’autres : elle est devenue la dernière planche de salut d’une saison qui risque autrement de se terminer sans le moindre titre. Le club algérois est habitué aux derniers carrés, rompu aux grands rendez-vous, mais la pression de devoir absolument gagner est parfois le pire des adversaires.

Deux demi-finales, donc, aux enjeux radicalement différents mais également électrisantes. D’un côté, un club de division inférieure qui croit en son étoile face au champion en titre. De l’autre, une équipe qui joue son entrée dans l’histoire face à un géant en quête de rédemption. La Coupe d’Algérie n’a pas fini de faire vibrer ses amoureux.

Moncef Dahleb

admin

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