33 convois vers la Mauritanie et 149 entreprises en vitrine : Tindouf s’ouvre sur l’Afrique de l’Ouest
Tindouf a joué, vendredi, un rôle de premier plan dans la stratégie d’exportation hors hydrocarbures. 33 chargements de produits algériens — matériaux de construction, denrées alimentaires, dattes, plastiques et électroménager — ont pris la route de la Mauritanie depuis la wilaya, tandis que s’ouvrait simultanément le Salon des produits et services algériens destinés à l’exportation, sous le slogan « Tindouf, porte de l’exportation vers les pays d’Afrique de l’Ouest ». Une double opération orchestrée en présence d’ambassadeurs de dix pays africains, qui a mis en lumière la montée en puissance du commerce algérien en direction du continent. C’est Abdesselam Djahnit, chargé de gérer le secrétariat général du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, représentant le ministre Kamal Rezig, qui a donné le signal du départ des convois. Le gouverneur de la wilaya, Moustapha Dahhou, était présent aux côtés d’une délégation de cadres ministériels, de parlementaires et de diplomates représentant le Niger, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Sierra Leone, le Burkina Faso, la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Sénégal, le Nigeria et le Ghana. La présence de ces représentants n’est pas anodine : elle témoigne de l’attention que portent ces pays à l’offre exportatrice algérienne et à l’attractivité croissante du marché transfrontalier de Tindouf.
Dix opérateurs économiques ont participé à cette opération d’exportation, qui illustre, selon les responsables présents, « la capacité croissante des entreprises nationales à accéder aux marchés régionaux et à renforcer la présence du produit algérien à l’étranger ». L’initiative s’inscrit dans le cadre des directives du ministre Rezig, visant à accompagner les exportateurs, élargir l’assiette des exportations non pétrolières et consolider la place des produits algériens sur les marchés africains, notamment par les postes-frontières, « qui constituent un véritable levier pour soutenir les échanges commerciaux avec les pays voisins », comme cela a été souligné lors de la cérémonie.
Le Salon, qui se poursuit jusqu’au 27 avril, mobilise 104 entreprises algériennes actives dans la production et les services, auxquelles s’ajoutent 45 entreprises artisanales — soit 149 participants au total. Les secteurs représentés couvrent l’agroalimentaire, les matériaux de construction, les industries de transformation, les énergies renouvelables et la logistique. Abdelatif El-Houari, directeur des mécanismes de soutien aux exportations au ministère, a qualifié l’événement de « rendez-vous économique majeur qui illustre l’orientation de l’Algérie vers le renforcement des exportations hors hydrocarbures » et qui « ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises nationales souhaitant accéder aux marchés africains, notamment ceux de l’Afrique de l’Ouest ».
Au-delà de la vitrine commerciale, le salon est conçu comme un espace de mise en relation opérationnelle. Des rencontres B2B et des ateliers consacrés aux opportunités d’investissement, aux mécanismes d’exportation et aux dispositifs d’accompagnement des exportateurs sont programmés pour toute la durée de la manifestation. L’ambition affichée est de faire de Tindouf non pas un point de passage, mais un pôle économique structuré, « reliant l’Algérie à sa profondeur africaine », selon les termes d’El-Houari. Les organisateurs envisagent d’inscrire ce salon dans la durée, comme rendez-vous annuel et plateforme permanente dédiée aux échanges commerciaux avec le continent.
En marge des cérémonies, les ambassadeurs ont reçu une présentation détaillée du poste frontalier Chahid Moustapha Benboulaïd, que Djahnit a visité en fin de journée avec la délégation ministérielle, ainsi que la zone de libre-échange attenante. Le poste est un outil stratégique de désenclavement commercial en direction de l’Afrique subsaharienne, un couloir terrestre qui prolonge, au-delà du Sahara, les ambitions exportatrices de l’économie nationale. Cette dynamique s’inscrit dans un tournant plus large de la politique commerciale : réduire la dépendance aux exportations d’hydrocarbures — qui représentent encore la quasi-totalité des recettes extérieures du pays — en développant une offre diversifiée sur les marchés de proximité africains, là où la compétitivité des produits nationaux est réelle et où les distances logistiques restent maîtrisables.
Amar Malki
6 nouvelles expéditions lancées nouvelles expéditions lancées depuis Blida
Six opérations d’exportation de produits de fabrication locale vers cinq pays arabes et européens ont été lancées, vendredi, à partir de la wilaya de Blida. Dans le cadre de la dynamique croissante des exportations hors hydrocarbures, 6 cargaisons de produits fabriqués en Algérie destinés à l’exportation vers la France, l’Espagne, la Tunisie, la Mauritanie et la Chine, ont été lancées depuis l’esplanade du complexe sportif « Chahid Mustapha Tchaker », sous la supervision de la cheffe de cabinet du ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Maya Oulad Kouider, en présence des autorités locales et de plusieurs opérateurs économiques. L’opération d’exportation a concerné 8 camions appartenant à des entreprises économiques activant à Blida, Alger et Boumerdès, transportant divers produits fabriqués localement, notamment des produits alimentaires, ainsi que des fournitures médicales, des produits cosmétiques et de la laine traitée et destinée à l’exportation vers la Chine. Mme Oulad Kouider a expliqué, à l’occasion, que cette opération économique, qui coïncide avec le lancement d’opérations similaires à partir d’autres wilayas, vise à accompagner et soutenir les exportateurs durant toutes les étapes du processus d’exportation, dans le but de faciliter l’accès du produit de fabrication local aux marchés internationaux et de renforcer sa présence.

