Économie

ONU : L’Algérie plaide pour un rééquilibrage du système financier mondial

Le ministre des Finances a pris la parole devant le forum onusien sur le financement du développement, réclamant une réforme profonde des institutions financières internationales et un partage équitable des responsabilités. Depuis New York, où se tient jusqu’au 24 avril le forum onusien sur le financement du développement, le ministre des Finances Abdelkrim Bouzred a porté un message sans ambiguïté : le système financier international, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, est « injuste et inéquitable ». Intervenant dans le débat général consacré aux défis du financement mondial, le responsable algérien a dénoncé une architecture où les pays emprunteurs assument l’essentiel des risques, y compris lorsque les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, tandis que les institutions financières internationales demeurent à l’abri des conséquences. Le diagnostic posé par M. Bouzred tranche avec les discours convenus qui peuplent habituellement ce type d’enceinte. Pour lui, « le défi ne réside plus dans le volume du financement, mais dans son efficacité ». Une formule qui résume à elle seule la frustration d’un continent africain et d’un Sud global qui, malgré la multiplication des mécanismes, des fonds spéciaux et des fenêtres de financement, continuent de se heurter aux mêmes obstacles structurels. Les pays en développement, a-t-il relevé, « font face toujours aux mêmes difficultés, en dépit des multiples mécanismes de financement », ce qui appelle, selon lui, « une révision des mécanismes d’action du système financier international ».

Au-delà du diagnostic, le ministre a formulé des exigences concrètes. Il a notamment insisté sur « la nécessité que toute réforme garantisse une participation plus forte des pays en développement à la prise de décision, afin de refléter équitablement les équilibres internationaux ». Une revendication ancienne, portée depuis des décennies par le groupe des 77, mais qui retrouve aujourd’hui une acuité particulière dans un contexte de multiplication des crises — climatique, alimentaire, monétaire — qui frappent en premier lieu les économies les plus fragiles.

L’Algérie, pour sa part, a tenu à illustrer son propos par des actes. M. Bouzred a rappelé les efforts consentis par Alger en matière de solidarité internationale : annulation de la dette de plusieurs pays, octroi d’aides financières aux nations les plus vulnérables, et surtout la création d’une agence algérienne de coopération internationale pour le développement, dotée d’un budget initial d’un milliard de dollars, destinée à soutenir les projets de développement, en priorité sur le continent africain. Un engagement financier substantiel qui confère à la parole algérienne une crédibilité que d’autres discours diplomatiques peinent parfois à revendiquer.

En clôturant son allocution, le ministre a condensé sa vision en une formule qui se veut programmatique : il faut passer « d’une logique de financement à une logique de résultats, et d’une responsabilité unilatérale à une responsabilité partagée, afin de renforcer l’efficacité et l’équité du système financier international ». Un appel au réalisme autant qu’à la justice, adressé à des institutions dont la réforme s’annonce aussi nécessaire qu’ardue.

Amar Malki

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