Vote des jeunes : Hidaoui lance un ultime appel
Constantine a accueilli dimanche la clôture de la troisième édition de l’initiative « Haya Chabab », pilotée par le Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ). Une journée choisie avec soin : elle coïncide avec la fin de la période de révision exceptionnelle des listes électorales, ce qui donnait à l’événement, organisé au complexe culturel Ahmed Bey, une résonance particulière.
Le ministre de la Jeunesse, Mustapha Hidaoui, a présidé la cérémonie en compagnie du président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, et du wali de Constantine, Abdelkhalek Sayouda. Trois éditions en quelques mois, un déploiement sur plusieurs wilayas, des centaines de jeunes bénévoles mobilisés pour inciter leurs pairs à s’inscrire sur les listes électorales : « Haya Chabab » n’est pas une opération de communication ordinaire. Elle s’inscrit dans un effort plus large pour reconnecter une génération avec le processus électoral, dans un pays où l’abstention des moins de trente ans reste une préoccupation que les pouvoirs publics ne cherchent plus à dissimuler. Mustapha Hidaoui a mis les formes, mais il est allé droit au but. Devant l’assistance réunie au complexe Ahmed Bey, il a rappelé que «l’adhésion des jeunes au processus électoral n’est pas seulement un droit, mais une contribution effective à l’élaboration des visions futures du pays». La formule est rodée, mais le contexte lui donne du poids : la période de révision exceptionnelle des listes s’achève, et chaque jeune non inscrit est une voix de moins dans les prochaines échéances. Le ministre n’a pas esquivé le sujet des réformes engagées, évoquant «des mesures inédites en faveur des jeunes» introduites dans la révision de la loi électorale, notamment le système de liste ouverte et la parité, qui ont, selon lui, permis à cette catégorie de «s’imposer avec mérite sur la scène politique».
Une représentation des jeunes de 40% aux assemblées
Les chiffres qu’il a avancés méritent attention. Hidaoui a indiqué que les dernières élections ont débouché sur des assemblées où les jeunes représentent «globalement plus de 40 %» des élus, tant au niveau national que local. Il a qualifié ce résultat de «transformation qualitative dans la structure des institutions constitutionnelles du pays» — une façon de dire que la jeunesse n’est plus cantonnée aux tribunes mais commence à occuper les sièges. Le mérite de cette évolution, a-t-il précisé, revient à une «volonté politique sincère» portée par le président Tebboune, qui a «consenti des efforts soutenus et multiples pour renforcer et ancrer la confiance dans les jeunes». La conclusion du ministre était une invitation directe : «L’opportunité est aujourd’hui offerte aux jeunes de consolider ces acquis en s’inscrivant sur les listes électorales et en renforçant leur rôle en tant que force de proposition et de changement, dans la poursuite de l’édification de l’Algérie nouvelle.»
Karim Khelfane a apporté la caution institutionnelle de l’ANIE à la démarche. Il a salué «l’interaction positive suscitée par l’initiative du CSJ» et réaffirmé que l’Autorité qu’il dirige par intérim entend «accompagner toutes les initiatives favorisant la participation électorale, notamment parmi les jeunes, considérés comme un pilier essentiel de tout processus démocratique réussi». Il a également adressé ses remerciements aux membres du CSJ et aux jeunes bénévoles pour «leurs efforts exceptionnels dans les campagnes de sensibilisation à l’importance de l’acte électoral» — une reconnaissance publique qui dit quelque chose sur l’investissement humain qu’a représenté cette troisième édition. En marge de la cérémonie, Hidaoui a inauguré deux complexes sportifs de proximité dans la wilaya de Constantine : le premier, dans la circonscription administrative d’Ali Mendjeli, a été baptisé du nom du chahid Ali Nemouchi ; le second, dans le quartier Salah Bey, porte désormais le nom du moudjahid Khedirèche Tahar.
Chokri Hafed

