CR Belouizdad : Madar balaie la direction après une saison blanche
72 heures après la défaite en finale de la Coupe d’Algérie face à l’USM Alger, Madar Holding a mis fin dimanche aux fonctions du conseil d’administration du CR Belouizdad et écarté son président Badredine Bahloul. Mohamed Arar prend la tête d’un nouveau conseil de cinq membres, tandis que Jaber Naâmoune est nommé directeur sportif avec des prérogatives élargies. Une refonte brutale, annoncée sans détour dans un communiqué publié sur le site officiel du groupe, qui signe la fin d’un cycle managerial jugé défaillant.
La séquence était prévisible. Battu 2-1 par l’USMA jeudi au stade Nelson-Mandela de Baraki, le Chabab avait terminé une saison blanche sur tous les fronts. Engagé en championnat, en Coupe d’Algérie et en Coupe de la CAF, le club est rentré les mains vides des trois compétitions. Pour un club de l’envergure du CRB, financé par l’un des groupes privés les plus puissants du pays, ce triple échec n’appelait pas de demi-mesures.
Madar Holding n’a pas cherché à atténuer le message. Dans son communiqué, le groupe a affirmé que la décision « intervient dans un contexte où les performances de l’équipe première et la gestion globale du club faisaient l’objet de critiques croissantes ». La formule est administrative, mais le sens est clair : la direction sortante est tenue pour responsable du naufrage sportif. Le groupe a annoncé avoir « décidé de dissoudre le conseil d’administration actuel du club et de mettre fin aux fonctions de son président, Badredine Bahloul », avant de procéder immédiatement à la constitution d’une nouvelle équipe dirigeante.
Cinq noms composent ce nouveau conseil : Mohamed Arar, Hocine Haddouche, Abdelkrim Benslam, Boualem Boukeroucha et Yazid Taghout. Réunis dès dimanche pour une première séance de travail, ils ont élu Arar à leur tête. Ce profil, présenté comme expérimenté dans la gestion, est censé incarner le tournant voulu par Madar : plus de rigueur, moins d’improvisation, une gouvernance structurée à défaut d’avoir été suffisamment définie ces dernières saisons.
En parallèle, la nomination de Jaber Naâmoune au poste de directeur sportif constitue l’autre signal fort de cette réorganisation. Le groupe lui accorde, selon le communiqué, « des prérogatives élargies pour la gestion des affaires sportives de l’équipe ». Concrètement, Naâmoune hérite d’un chantier : restructurer un effectif qui a montré ses limites, repenser la politique de recrutement et poser les bases d’une vision sportive cohérente sur le moyen terme. La tâche est d’autant plus urgente que la fenêtre des transferts approche et que le club devra se repositionner pour la saison prochaine, notamment en vue des compétitions africaines.
La question du staff technique reste entière. Salim Sbaâ et Ali Moussa, à la tête de l’équipe première, n’ont pas encore été reconduits ni officiellement écartés. Selon des sources proches du club, des décisions sont attendues dans les prochains jours, et la piste d’un entraîneur de renom est déjà évoquée dans l’entourage de Madar. C’est au nouveau conseil d’administration qu’il reviendra de trancher cette question, qui conditionnera en grande partie la crédibilité du projet annoncé.
Sur le fond, la réaction de Madar dépasse la simple gestion d’une crise ponctuelle. Le groupe a annoncé son intention d’engager « des réformes profondes et radicales » et de « remettre le CR Belouizdad sur le chemin des résultats positifs et des podiums, ainsi que pour représenter l’Algérie de la meilleure manière possible dans les compétitions continentales ». Ce langage des grandes ambitions, Belouizdad l’a déjà entendu. Ce qui change cette fois, c’est que le déménagement de la direction s’est fait en moins de trois jours, sans négociation visible, avec une brutalité qui dit quelque chose de l’impatience du groupe propriétaire.
Pour les supporters des Rouge et Blanc, habitués aux titres et aux grandes nuits africaines, la saison qui s’achève laisse un goût amer. La finale de Coupe perdue contre le voisin et rival de l’USMA a été la dernière image d’un exercice raté. Le coup de balai de Madar répond à cette frustration.
Moncef Dahleb

