Journées nationales des savoir-faire traditionnels : Vitrine du patrimoine artisanal algérien
La place « Vivre ensemble en paix », au cœur de Mascara, se transforme à partir de jeudi en vitrine du patrimoine artisanal algérien. La direction de la Culture et des Arts organise, dans le cadre du Mois du patrimoine, la première édition des Journées nationales de valorisation des savoir-faire et pratiques traditionnels, une manifestation inédite qui réunira pendant trois jours plus de vingt artisans et artisanes venus des wilayas de Mascara, Tiaret et Tlemcen. L’événement ne se limite pas à une exposition. Aux étals consacrés aux objets en argile, en céramique et en bois, aux tapis, aux textiles et aux broderies sur soie, s’ajoutent des ateliers de formation et de sensibilisation articulés autour de métiers que l’on voit rarement mis à l’honneur dans l’espace public : le zellige, les habits masculins traditionnels, la vannerie à base d’alfa et de palmier doum, ou encore les techniques ancestrales de fabrication de tuiles et de constructions en roseaux. Des savoir-faire qui ne s’apprennent pas dans les manuels, et qui risquent, faute de transmission, de disparaître avec ceux qui les détiennent encore.
Des spécialistes du patrimoine animeront par ailleurs des conférences consacrées aux métiers traditionnels propres aux différentes régions du pays, offrant ainsi un contrepoint théorique à la dimension pratique des ateliers. L’ambition affichée par les organisateurs est claire : « faire connaître les savoir-faire et pratiques traditionnelles existant à travers le territoire national, tout en sensibilisant à l’importance de leur préservation, de leur valorisation et de leur transmission aux générations futures. »
Organisée en plein Mois du patrimoine — qui court du 18 avril au 18 mai —, cette première édition arrive à point nommé. À l’heure où l’artisanat traditionnel peine à trouver sa place dans une économie dominée par le produit standardisé et l’import massif, rassembler dans un même lieu des maîtres du zellige, des tisserandes et des vanniers, c’est rappeler que ces gestes ont une histoire, une géographie et une valeur que le marché seul ne saurait mesurer.
R.C.

