Économie

Algeria Bid Round 2026 : Arkab appelle les investisseurs à saisir l’opportunité

Deux accords signés mardi à Alger entre Sonatrach, son partenaire thaïlandais PTTEP et un consortium égypto-italien pour le développement du champ pétrolier de Hassi Bir Rekaiz, dans le bassin de Berkine, pour plus d’un milliard de dollars, ont fourni au ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, l’occasion de lancer un appel explicite aux compagnies énergétiques internationales : participer à l’Algeria Bid Round 2026, le cycle d’appels d’offres que l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) a officiellement ouvert le 19 avril dernier.

Le message n’était pas fortuit. Le champ de Hassi Bir Rekaiz, situé dans le bassin de Berkine à cheval sur les wilayas de Ouargla et d’El Oued, illustre concrètement ce que l’Algérie entend proposer aux investisseurs étrangers : des gisements à fort potentiel, des infrastructures existantes, et des partenaires solides. La première phase d’exploitation avait démarré en juin 2022 à 13 000 barils/jour, avant d’atteindre 17 000 barils/jour en août 2023. Le contrat EPC signé mardi entre Sonatrach-PTTEP d’une part, et le consortium formé de l’égyptienne Petrojet et de l’italienne Arkad d’autre part, vise à porter cette capacité à 30 000 barils/jour en septembre 2029, puis à 60 000 barils/jour en décembre 2031. Les travaux, à exécuter en 39 mois, incluent la construction d’une nouvelle station de traitement de plus de 31 000 barils/jour ainsi que des installations annexes pour le gaz et les eaux de production. Le montant global du contrat dépasse le milliard de dollars — une somme qui, à elle seule, donne la mesure de l’ambition.

Le second accord signé lors de la même cérémonie, un mémorandum d’entente entre Sonatrach et la Compagnie pétrolière nationale égyptienne EGPC, ouvre la voie à des ventes de pétrole et de produits pétroliers algériens vers le marché égyptien. Pour Arkab, les deux textes «s’inscrivent dans le cadre du renforcement des relations de coopération fraternelle privilégiées entre l’Algérie et l’Egypte, en concrétisation des orientations des chefs d’État des deux pays», et «reflètent la volonté commune de consolider la coopération arabe et africaine». La cérémonie, coprésidée avec le ministre égyptien du Pétrole Karim Ibrahim Ali Badawi, réunissait également le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, le président du conseil d’administration de Petrojet, Waleed Lotfy, et le PDG de l’EGPC, Salah El-Din Abdel Kerim.

C’est dans ce contexte que le ministre a prononcé l’appel le plus attendu du jour : saisir les opportunités offertes par l’Algeria Bid Round 2026. Lancé officiellement le 19 avril 2026 au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal à Alger, ce cycle d’appels d’offres est le deuxième du genre organisé par l’ALNAFT depuis 2014. Il porte sur sept périmètres d’exploration dans des bassins reconnus pour leur richesse : El Borma II, El M’Zaid Nord, Illizi Centre I, Est Bordj Omar Driss I, El Hadjira III, Touggourt Sud et El Benoud Est. Les phases techniques débutent le 1er juin 2026, avec mise à disposition des documents et des présentations en ligne. La date limite de dépôt des offres est fixée au 26 novembre 2026, pour une signature des contrats avec Sonatrach prévue le 31 janvier 2027.

Le Bid Round 2026 s’inscrit dans la continuité du cycle 2024, qui avait suscité un intérêt international croissant et débouché en juin 2025 sur l’attribution de cinq licences d’exploration aux blocs Ahara, Reggane II, Zarafa II, Toual II et Qarn El Qessa II, respectivement à TotalEnergies et QatarEnergy, au consortium ENI-PTTEP, à ZPEC, au consortium Zangas-Filada et à SINOPEC. Le succès de ce premier cycle a clairement encouragé les autorités à accélérer. En amont du lancement, l’ALNAFT avait mis en place un mécanisme de consultation préalable, le «Nomination Process», lancé en décembre 2025, permettant aux compagnies intéressées d’exprimer leurs préférences parmi un portefeuille de vingt-quatre blocs onshore répartis dans les bassins d’Illizi, Berkine, le Bassin Central et les régions Nord et Ouest.

Un contexte économique et législatif prometteur

Arkab a tenu à replacer l’ensemble du dispositif dans son cadre politique : la dynamique du secteur intervient, selon lui, «dans un contexte économique et législatif prometteur, soutenu par les réformes engagées par l’État, notamment à travers les nouvelles lois sur les hydrocarbures et sur l’investissement, lesquelles ont instauré un cadre juridique moderne et incitatif, fondé sur la transparence et le renforcement de l’attractivité des investissements». Le programme s’appuie sur la loi sur les hydrocarbures 19-13, qui encadre les conditions d’exploration et d’exploitation et précise les modalités de partenariat entre l’État et les opérateurs étrangers. Sonatrach prévoit par ailleurs un programme d’investissement d’environ 12 milliards de dollars en partenariat avec des groupes internationaux.

La proximité de l’Algérie des marchés européens, la stabilité sécuritaire dans la région et la flexibilité du cadre réglementaire — qui prévoit plusieurs types de contrats dont des contrats de partage de production et des contrats de participation — figurent parmi les arguments avancés pour attirer les capitaux étrangers.

Samira Ghrib

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