Championnats d’Afrique de natation Oran 2026 : L’Algérie deuxième avec une belle moisson
Au Centre nautique du complexe olympique Miloud-Hadefi d’Oran, la sélection algérienne de natation seniors occupe la deuxième place du classement général après quatre journées de compétition, avec 23 médailles au compteur — 8 en or, 6 en argent et 9 en bronze.
La quatrième journée, disputée vendredi soir, a été la plus productive : neuf médailles récoltées en une seule soirée, dont trois titres continentaux. L’objectif fixé par la direction technique nationale — dix médailles d’or au total — est à portée, à deux journées de la fin.
Jaouad Syoud est l’homme de ces championnats. Le nageur algérien a signé à lui seul quatre des huit titres continentaux de sa sélection, soit la moitié de la moisson en or. Une domination qui ne l’a pas rendu avare de mots. « Nous avons des talents en natation algérienne capables de hisser haut le drapeau national », a-t-il déclaré, appelant à poursuivre l’accompagnement des athlètes sur le long terme. Derrière les chiffres, il y a une conviction : le vivier existe, il faut juste ne pas le laisser s’évaporer. Imane Zitouni a elle aussi marqué ces championnats de son empreinte. Sacrée en finale du 400 mètres quatre nages seniors dames, la nageuse a livré une course maîtrisée dans une épreuve qu’elle connaît bien. « J’ai réalisé le but pour lequel je suis venue et pour lequel je me suis entraînée pendant plus de deux mois », a-t-elle expliqué, ajoutant que l’épreuve, l’une des plus exigeantes du programme, n’avait attiré que cinq nageuses au départ. « Dieu merci, j’ai honoré mon pays malgré la difficulté de la tâche. » Dix ans dans l’équipe nationale lui ont appris autre chose que nager vite : transmettre. « J’essaie de partager mon expérience avec les jeunes. Nous les aidons beaucoup, notamment sur le plan psychologique, car la majorité participe pour la première fois à ce championnat africain. » Une phrase qui dit beaucoup sur l’état d’esprit du groupe.
Ramzi Chouchar, médaillé de bronze sur le 400 mètres quatre nages, a affiché une satisfaction tempérée par l’exigence. « Je suis heureux de cette deuxième médaille de bronze dans la compétition, sur les deux courses auxquelles j’ai participé. Ce n’était pas le résultat ni le chrono espérés », a-t-il reconnu franchement, avant de regarder vers l’avant : « La saison est encore longue pour rattraper ce qui a été manqué. L’Algérie a des potentialités dans cette discipline au niveau africain, et j’espère d’autres médailles. » Pas de langue de bois, pas de satisfaction de façade. Juste un athlète qui sait exactement où il en est.
Au classement général, l’Afrique du Sud conserve la tête avec 29 médailles, à égalité de titres avec l’Algérie et l’Égypte, troisième avec 17 médailles dont 8 en or. La Tunisie pointe en quatrième position avec cinq médailles, dont trois en or. Le seul bémol algérien reste la catégorie juniors, toujours en quête de sa première médaille d’or dans cette édition.
L’organisation de l’événement a reçu les éloges du président d’Africa Aquatics, le Sénégalais Mohamed Diop. Ancien nageur, il a suivi les épreuves en marge des compétitions au complexe Miloud-Hadefi et n’a pas caché sa satisfaction. Le niveau technique affiché traduit, selon lui, « le développement significatif de la natation sur le continent », et plusieurs jeunes athlètes ont réussi à rivaliser avec les seniors sur les podiums. Il a particulièrement salué les infrastructures algériennes — le centre aquatique, le village sportif, les équipements modernes — ainsi que la qualité de la retransmission télévisée. Ce qu’il a tenu à rappeler en conclusion : l’Algérie a repris l’organisation de ces championnats à moins d’un mois du coup d’envoi, après le désistement du Ghana. Réussir dans ces conditions n’est pas anodin.
Cette 17e édition rassemble environ 450 nageurs représentant une quarantaine de pays africains, et regroupe pour la première fois quatre compétitions simultanées : seniors, juniors, masters et inter-zones. Les épreuves s’achèvent dimanche.
M. Dahleb

