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Lutte contre l’exode rural à Skikda : Nouvelles aides pour 2 000 logements ruraux

La wilaya de Skikda a procédé à la distribution d’un deuxième quota de 2 000 aides au logement rural à travers plusieurs communes de la région. Une opération visant non seulement à répondre à la forte demande sur cette formule d’habitat, mais aussi à consolider la stabilité des populations rurales, particulièrement dans les zones agricoles et éloignées, où le logement constitue un levier essentiel de développement et de lutte contre l’exode rural.

La wilaya de Skikda a lancé, en fin de semaine, la distribution d’une deuxième tranche d’aides au logement rural, portant sur 2 000 unités réparties à travers la majorité des communes de la wilaya, a rapporté la wilaya via son compte Facebook. Cette nouvelle tranche intervient après une première opération similaire réalisée l’année dernière, au cours de laquelle plus de 2 000 aides avaient déjà été attribuées. Cette formule d’habitat connaît un intérêt croissant dans une wilaya à forte vocation agricole, où de nombreuses familles aspirent à demeurer dans leurs villages d’origine tout en bénéficiant de conditions de vie décentes et adaptées à leur environnement social et économique. Le wali de Skikda, Saïd Akhrouf, a présidé au siège de la wilaya une réunion consacrée à la répartition des aides, en présence du président et de membres de l’Assemblée populaire de wilaya, du secrétaire général de la wilaya ainsi que des responsables du secteur de l’habitat et de la Banque nationale du logement. Selon les explications fournies lors de cette rencontre, plusieurs critères ont été pris en compte dans l’opération de répartition, notamment la densité des populations rurales dans chaque commune ainsi que le taux d’avancement des programmes précédemment attribués. Sur cette base, la commune de Ben Azzouz a obtenu la part du lion avec 200 aides, suivie de Tamalous avec 180 aides, Beni Ouelbane avec 170, puis Bayn El Ouidane avec 100 aides. Oum Toub s’est vu attribuer 106 aides, Salah Bouchaour 120, tandis que la plus petite quote-part est revenue à la commune de Bouchtata avec seulement cinq (5) aides.

Le logement rural, un outil d’ancrage territorial

Outre sa dimension sociale, le logement rural constitue aujourd’hui un véritable instrument d’aménagement du territoire. En permettant aux familles de construire leurs habitations au sein même de leurs terres ou de leurs villages, cette formule contribue à limiter l’exode vers les grandes villes, à préserver l’activité agricole et à maintenir l’équilibre démographique dans les zones rurales. Dans plusieurs communes de Skikda, notamment celles situées dans les régions montagneuses ou enclavées, ces aides représentent souvent la seule alternative pour les jeunes ménages souhaitant éviter le déracinement et conserver leurs attaches familiales et foncières. Le logement rural favorise également la continuité de l’activité agricole. En offrant un habitat adapté au cadre de vie rural, il permet aux exploitants agricoles et aux familles vivant de la terre de demeurer à proximité de leurs exploitations, réduisant ainsi les déplacements et renforçant la stabilité socio-économique des campagnes.

Des retards et des mises en demeure

Parallèlement à cette opération, la Direction du logement avait déjà appelé, au mois d’avril dernier, à l’assainissement de la situation des bénéficiaires ayant obtenu des décisions d’attribution avant 2023 et 2024 sans avoir entamé les travaux de réalisation, notamment dans la commune de Kanoua. Des mises en demeure ont ainsi été adressées aux bénéficiaires disposant déjà de permis de construire ou d’arrêtés d’attribution, dans le cadre d’une démarche visant à accélérer la concrétisation des projets. Les services concernés ont également examiné les différentes contraintes freinant l’avancement des constructions, liées notamment aux retards dans l’obtention des permis de construire, aux dossiers non déposés, aux difficultés techniques liées au foncier ou encore aux situations de bénéficiaires accusant un retard important dans les travaux malgré la possession des autorisations nécessaires. Les autorités ont en outre étudié les cas des bénéficiaires nécessitant un remplacement en raison de problèmes liés au terrain ou à l’incapacité de mener les travaux à terme. Dans ce contexte, les autorités locales ont insisté sur la nécessité d’une application stricte des procédures administratives et d’une coordination permanente entre les communes et les subdivisions du logement afin d’assurer le bon déroulement de cette formule d’habitat, particulièrement prisée dans les zones rurales de la wilaya. À travers ces nouveaux quotas, les pouvoirs publics tentent de redonner un souffle aux campagnes de Skikda et de préserver un tissu rural fragilisé par les mutations économiques et l’exode des populations. Car au-delà des chiffres et des quotas, le logement rural demeure avant tout un moyen de maintenir les habitants sur leurs terres, de protéger les équilibres sociaux des villages et de transmettre aux générations futures un mode de vie profondément enraciné dans le territoire.

Sofia Chahine

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