Coupe de la Confédération africaine : L’USMA à un match d’une deuxième étoile
Ahmed Khaldi, sur penalty à la 97e minute, a offert samedi soir à l’USM Alger une victoire d’un but à zéro sur le Zamalek SC en finale aller de la Coupe de la Confédération africaine de football, au stade du 5-Juillet. Un succès arraché dans les ultimes secondes d’un match âpre, fermé, haletant, qui a failli tourner à la catastrophe avant de basculer en faveur des Rouge et Noir dans les derniers soubresauts du temps additionnel. Rendez-vous est pris pour le 16 mai au Caire, où l’USMA peut écrire une nouvelle page de son histoire continentale.
Le scénario de cette finale aller restera longtemps dans les mémoires. Pendant 90 minutes, le Zamalek a tenu bon, discipliné, organisé, dangereux en contre. Puis, dans le temps additionnel, tout s’est enchaîné à une vitesse folle. À la 91e minute, le Brésilien Bezerra croit offrir la victoire aux Égyptiens après une perte de balle de Dehiri. L’arbitre mauritanien de réputation internationale Dahane Beida consulte la VAR, annule le but pour faute préalable sur Rayane Mahrouz dans la surface, et accorde dans la foulée un penalty à l’USMA. Khaldi prend ses responsabilités. But. 1-0. Le stade du 5-Juillet explose.
Avant ce dénouement, le match avait été tout sauf une promenade pour les hommes de Lamine N’Diaye. Dès la 6e minute, l’Angolais Chico Banza s’infiltre dans la surface algéroise et oblige Oussama Benbot à une belle détente pour dévier en corner. L’USMA répond timidement : une frappe de Draoui passe à côté du poteau à la 16e, une tête de Khaldi sur coup franc de Benzaza frôle la transversale à la 43e. En première période, avec près de 70% de possession, les Algérois ne parviennent pas à cadrer la moindre tentative.
La deuxième mi-temps s’annonce mieux. À la 50e, l’Ivoirien Kamagaté reprend un centre tendu sans trouver le cadre. Deux minutes plus tard, Chico Banza élimine Benbot et frappe vers le but vide — Dehiri sauve sur sa ligne in extremis. À la 65e, Khaldi rate une belle occasion en choisissant la tête au lieu de contrôler et frapper. L’USMA monte en puissance dans les vingt dernières minutes, multiplie les offensives, sans trouver la faille. Et puis vient ce temps additionnel de haute tension qui a fait le tour des réseaux en quelques minutes.
Dans les travées du 5-Juillet, des milliers de supporters avaient poussé leur équipe du début à la fin.
Cap sur le match retour
À l’issue du match, Lamine N’Diaye n’a pas oublié de les remercier. « Leur apport nous a été très bénéfique sur le plan psychologique », a déclaré le technicien sénégalais. Mais ses plus grands compliments sont allés à ses joueurs : « Ce sont eux qui ont puisé au plus profond d’eux-mêmes pour aller arracher ce précieux succès, qui au vu de la physionomie globale de la rencontre n’était pas très évident. » Il a été direct sur le niveau affiché : « Face au Zamalek, c’était loin d’être notre meilleur match de la saison. Il y avait beaucoup de déchets dans notre jeu. Mais les joueurs ont réussi à compenser ce mauvais rendement technique en y mettant du cœur. Ils ont vraiment tout donné, et c’est avec les tripes qu’ils sont allés chercher ce succès. »
Sur la manche retour, N’Diaye n’a pas cherché à minimiser l’enjeu. « Il s’agit d’une courte victoire, mais grâce à elle, on peut quand même se targuer d’avoir accompli 50% du travail. Nous irons en Égypte pour chercher les 50% restants. Le Zamalek est une grande équipe, et il y a de fortes chances qu’elle soit championne d’Égypte cette saison. Mais on compte profiter de la pression qui pèsera sur ses épaules au Caire pour réussir un meilleur match qu’aujourd’hui, et pourquoi pas revenir avec le trophée. »
Dans le camp égyptien, l’entraîneur du Zamalek, Moatamad Djamel, a livré une lecture froide et amère de la soirée. « Nous avons mieux joué que l’USMA et on s’est procuré plus d’occasions nettes. D’ailleurs, on aurait pu tuer le match dès la première mi-temps, mais la réussite n’était pas au rendez-vous », a-t-il reconnu. Puis il est revenu sur le tournant de la rencontre : « Non seulement notre but a été refusé, mais nous avons concédé un penalty, en perdant un joueur dans la foulée après avoir écopé d’un carton rouge. Ce scénario a été vraiment terrible. » Le technicien égyptien n’a pas renoncé pour autant. « Il reste un match retour, pendant lequel nous aurons la possibilité de renverser la situation. Chez nous, devant notre public, les conditions seront totalement différentes, et nous essayerons d’en profiter pour garder la Coupe au Caire. »
Dans le vestiaire algérois, les joueurs savaient que rien n’était acquis. Le milieu Brahim Benzaza a mis les choses en perspective : « Cette finale aller s’est jouée chez nous et on savait pertinemment qu’il fallait en profiter au maximum pour prendre option, car conscients qu’au retour, ce sera probablement plus difficile. Ça a été très laborieux, mais Dieu merci, la fin a été heureuse. » Son coéquipier Zakaria Draoui a abondé dans le même sens : « C’est une bonne chose que nous ayons remporté cette finale aller, même par un but à zéro. Mais il est encore trop tôt pour crier victoire, car ce n’était que la première partie du chemin. Un match retour difficile nous attend en Égypte et on doit le préparer convenablement. »
Il y a trois ans, en 2023, l’USMA avait décroché son premier titre en Coupe de la CAF. Samedi 16 mai, au stade international du Caire, à 19h heure algérienne, elle jouera son deuxième.
Moncef Dahleb

