Une réunion multisectorielle pour mieux coordonner la prévention : Faire face aux risques sanitaires de l’été,
À quelques semaines de la saison estivale, période traditionnellement associée à une recrudescence des maladies transmissibles, et dans un contexte mondial marqué par la résurgence de l’hantavirus et par les mesures préventives prises par l’Algérie pour y faire face, les autorités sanitaires ont réuni mardi à Alger des représentants de plusieurs secteurs pour renforcer la réponse nationale aux maladies transmissibles et non transmissibles. La direction générale de la prévention et de la promotion de la santé a organisé cette rencontre sur instruction du ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a indiqué le ministère dans un communiqué. Le ministre a voulu que cette réunion serve à «renforcer la coordination multisectorielle pour développer les mécanismes et mesures relatives à la lutte contre les zoonoses, le paludisme et les maladies liées à l’environnement, ainsi que les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques et les cancers». Un agenda large, qui traduit la volonté des autorités d’aborder la question sanitaire dans sa globalité, et non plus secteur par secteur.
Les travaux ont débuté par un état des lieux détaillé de la situation épidémiologique, transmissible et non transmissible, avec un bilan des points saillants relevés lors de la mise en œuvre du plan d’action multisectoriel existant. Chaque secteur représenté a exposé les mesures et initiatives qu’il a concrétisées dans son domaine de compétence, ainsi que son rôle dans la surveillance, la prévention et la prise en charge des malades. À l’issue des discussions, les participants ont dégagé une série de mesures prioritaires qui alimenteront une feuille de route propre à chaque secteur. Parmi les axes retenus figure «le renforcement de la coordination multisectorielle à travers la mise en place d’un mécanisme permanent de concertation et de coordination entre les différents secteurs concernés». Il s’agit aussi d’améliorer «l’échange des informations et des données sanitaires, environnementales et épidémiologiques afin de faciliter la prise de décision et la détection précoce des risques».
Sur le volet communication, les travaux ont préconisé «l’intensification des campagnes de sensibilisation au profit des citoyens avec l’implication des médias, des établissements éducatifs et de la société civile». Une attention particulière a également été portée à l’approche «Une seule santé», que le communiqué décrit comme la promotion «de la coopération entre les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement» — une approche qui prend tout son sens dans un contexte où des pathogènes animaux, comme l’hantavirus, franchissent régulièrement la barrière des espèces.
Les mesures validées comprennent encore «le renforcement des capacités des différents intervenants à travers l’organisation de cycles de formation continue au profit des professionnels», le développement des programmes de prévention des maladies chroniques — notamment par la promotion de l’alimentation saine, de l’activité physique et de la lutte contre le tabagisme — et «le raffermissement des systèmes de surveillance épidémiologique et d’alerte précoce afin de garantir une réponse rapide et efficace aux menaces sanitaires». Des mécanismes de suivi et d’évaluation périodique des mesures prises seront par ailleurs mis en place pour mesurer leur impact réel sur le terrain.
Cette réunion s’inscrit dans un calendrier que les autorités algériennes n’ont pas choisi par hasard. L’été concentre les risques : déplacements massifs de population, consommation d’eau et d’aliments potentiellement contaminés, prolifération de vecteurs comme les moustiques. Conjugués à la vigilance accrue imposée par la circulation de l’hantavirus à l’échelle internationale, ces facteurs rendent la coordination interministérielle non seulement utile, mais indispensable. La feuille de route issue de ces travaux devra maintenant passer de l’intention à l’action avant que la saison chaude ne s’installe.
Lyna Larbi

