Vaccin antigrippal Influvac : Abbott et Saidal veulent approfondir un partenariat stratégique
La coopération entre Saidal et Abbott sur le vaccin antigrippal n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une logique de transfert progressif de savoir-faire industriel, avec à la clé une capacité de production nationale qui réduit la dépendance aux importations sur un produit de santé publique sensible.
Une délégation du laboratoire américain Abbott a visité mardi le site de production « Constantine 1 » du groupe public Saidal, dans le cadre du partenariat qui lie les deux entreprises autour du vaccin antigrippal Influvac. La visite, à laquelle a pris part le chargé d’affaires de l’ambassade américaine en Algérie, Mark Shapiro, a débouché sur des discussions concrètes sur l’avenir de cette coopération et sur les ambitions de Saidal en matière de production locale et d’innovation biomédicale.
La rencontre s’est tenue au siège du site constantinois, l’un des principaux sites industriels du groupe, où Saidal produit annuellement plus de deux millions de doses d’Influvac. C’est dans ce cadre opérationnel que les deux parties ont échangé sur les perspectives de leur collaboration. Selon le communiqué du groupe public, la délégation américaine a exprimé « sa grande considération pour cette coopération stratégique », soulignant par ailleurs « la qualité des infrastructures ainsi que la compétence des équipes de Saidal ».
Au-delà des formules diplomatiques, la visite traduit une dynamique réelle entre les deux partenaires. Le directeur général de Saidal, Mourad Belkhelfa, a présenté à ses interlocuteurs ce que le communiqué qualifie de projets « ambitieux », dont un programme de thérapie cellulaire. Ce volet de la discussion illustre la volonté du groupe algérien de ne pas limiter son développement à la production de médicaments génériques ou de vaccins sous licence, mais d’avancer vers des segments technologiquement plus exigeants, là où l’innovation médicale se joue aujourd’hui.
La coopération entre Saidal et Abbott sur le vaccin antigrippal n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une logique de transfert progressif de savoir-faire industriel, avec à la clé une capacité de production nationale qui réduit la dépendance aux importations sur un produit de santé publique sensible. Deux millions de doses par an, c’est une quantité qui compte dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière, même si les besoins du pays demeurent bien supérieurs à ce volume.
La coopération algéro-américaine dans le secteur pharmaceutique reste encore limitée comparée à d’autres domaines, et les deux parties semblent vouloir lui donner une consistance plus grande. Les deux parties ont d’ailleurs « affirmé leur volonté commune de renforcer la coopération entre Saidal et Abbott afin de contribuer au développement de l’industrie pharmaceutique en Algérie et de fournir des solutions de santé innovantes aux citoyens », selon le communiqué du groupe.
Pour Saidal, ce type de partenariat avec un grand laboratoire international représente un levier de montée en gamme industrielle, à condition que les accords débouchent sur de véritables transferts technologiques et pas seulement sur des contrats de façonnage. La question de la souveraineté pharmaceutique est au cœur des priorités algériennes depuis plusieurs années, et le groupe public est l’un des instruments centraux de cette politique. La rencontre de Constantine s’inscrit dans cette trajectoire.
Samir Benisid

