Économie

Exportations : Miser sur ses industries agroalimentaires pour conquérir les marchés extérieurs

C’est à Boumerdès, en marge d’un salon professionnel dédié aux produits de confiserie, de biscuiterie et de chocolat, que le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, le professeur Kamal Rezig, a livré samedi son diagnostic sur l’état des exportations agroalimentaires algériennes. Un tableau plus encourageant que ne le laisseraient supposer les résultats encore modestes à l’international. Le salon, organisé par le ministère du 16 au 19 mai 2026 en coordination avec la wilaya de Boumerdès, sous le slogan « Des perspectives prometteuses à l’exportation », a réuni 71 entreprises nationales, dont 30 déjà exportatrices. Un chiffre qui dit à la fois le chemin parcouru et celui qui reste à faire : si près de la moitié des exposants vendent déjà à l’étranger, l’autre moitié n’a pas encore franchi le pas, malgré des capacités productives réelles.

Le ministre a visité les différents pavillons, s’arrêtant auprès des exposants pour recueillir leurs témoignages sur leurs volumes de production, la qualité de leurs gammes et leurs ambitions à l’export. L’exercice était autant pédagogique que politique : il s’agissait de montrer aux opérateurs que l’État suit, et que la filière est prise au sérieux dans la stratégie nationale de diversification des exportations hors hydrocarbures.

Dans ses déclarations à la presse, Rezig a été clair. « L’organisation de ce salon vise à accompagner les entreprises algériennes productrices et à les encourager à se tourner vers les marchés extérieurs, à travers la valorisation du produit national et l’amélioration de sa compétitivité, en cohérence avec la stratégie nationale visant à promouvoir les exportations hors secteur des hydrocarbures. » Sur le potentiel de la filière elle-même, le ministre s’est montré plus affirmatif. « La branche des industries agroalimentaires, notamment les produits de confiserie, de biscuiterie et de chocolat, possède de grandes qualifications lui permettant de pénétrer les marchés internationaux, eu égard à la qualité et à la diversité du produit algérien. » C’est précisément là que Rezig a pointé les marges de progression : il a appelé les opérateurs économiques « à investir davantage dans l’innovation et l’emballage, afin de renforcer la position du produit national à l’étranger ». Le conditionnement reste l’un des talons d’Achille de l’industrie agroalimentaire algérienne à l’export. Des produits dont la qualité intrinsèque est reconnue perdent en attractivité faute d’un packaging adapté aux standards visuels des marchés cibles. C’est une lacune que plusieurs programmes d’appui à l’exportation tentent de combler, avec des résultats encore inégaux selon les filières.

Le salon de Boumerdès, au-delà de sa fonction de vitrine, illustre une méthode : rassembler la filière, mettre les opérateurs en contact avec les attentes de l’export, et créer une émulation entre entreprises à différents stades de maturité internationale. Que trente d’entre elles exportent déjà suffit à nourrir un argument : la filière n’attend pas tout de l’État. Elle cherche, elle teste, elle avance — parfois seule.

Chokri Hafed

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *