Monde

Détenus palestiniens dans les geôles sionistes : L’ONU exige des enquêtes sur les tortures et les morts en détention 

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a appelé samedi à l’ouverture d’enquêtes « indépendantes, impartiales et transparentes » sur les tortures, les mauvais traitements et les décès de Palestiniens détenus par l’entité sioniste depuis le 7 octobre 2023. L’organisation onusienne a vérifié la mort d’au moins 90 prisonniers palestiniens dans ces centres de détention depuis le début de l’offensive sur Ghaza. Parmi eux, un adolescent de 17 ans présentant des signes de malnutrition sévère au moment de son décès. « La torture et les mauvais traitements sont pratiqués de manière systématique » contre les détenus palestiniens, a déclaré Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat. Ces abus, a-t-il précisé, incluent des violences sexuelles et des violences fondées sur le genre, ainsi que « plusieurs cas de viol, y compris contre des enfants. » Des faits que l’organisation qualifie d' »inacceptables » et qui, selon elle, appellent une réponse judiciaire immédiate. Al-Kheetan a également relevé que les autorités sionistes avaient annoncé d’autres décès de détenus palestiniens « sans fournir suffisamment d’informations permettant de confirmer l’identité des victimes » — une opacité que le HCDH juge incompatible avec les obligations d’une puissance occupante au regard du droit international. Car c’est bien sur ce terrain juridique que l’ONU place le débat. Dans son communiqué publié samedi soir, le Haut-Commissariat rappelle à l’entité sioniste ses obligations en tant que puissance occupante : respecter le droit international des droits humains, mettre fin au système de détention abusif documenté, et traduire en justice les responsables des violations. L’organisation insiste sur la nécessité que des enquêtes soient menées sur chaque cas de décès, de torture ou de traitement dégradant signalé dans les centres de détention, sans exception.

Ces appels interviennent dans un contexte où la situation des prisonniers palestiniens est devenue l’un des points les plus documentés du conflit. Depuis le 7 octobre 2023, des milliers de Palestiniens ont été arrêtés et placés en détention par l’entité sioniste, dans des conditions que des organisations humanitaires, des journalistes et des anciens détenus décrivent de manière convergente : privation de sommeil, positions de stress prolongées, violences physiques répétées, isolement, sous-alimentation. Le cas de l’adolescent de 17 ans mort en détention dans un état de malnutrition sévère illustre ce que le HCDH appelle désormais un caractère « systématique » de ces pratiques.

La demande d’enquêtes indépendantes bute sur un obstacle de taille : l’entité sioniste refuse systématiquement tout accès aux centres de détention aux observateurs extérieurs, qu’il s’agisse du Comité international de la Croix-Rouge, des rapporteurs spéciaux de l’ONU ou des organisations de défense des droits humains. Cette fermeture rend la vérification des faits difficile et laisse le champ libre aux seules informations diffusées par les autorités sionistes elles-mêmes — informations que le HCDH juge insuffisantes et peu fiables, comme l’illustre la question des décès non identifiés.

De son côté, le Centre palestinien d’études des prisonniers a indiqué que les mineurs détenus dans les prisons de l’occupation sioniste subissent une politique croissante de répression et de sanctions, notamment le recours à l’isolement cellulaire pour de longues périodes, dans des conditions « dures et inhumaines » provoquant des troubles psychologiques et physiques. Le directeur du Centre, Riyad Al-Ashqar, a déclaré dimanche que les mineurs détenus dans les sections pour jeunes des prisons d' »Ofer » et de « Megiddo », ainsi que des dizaines d’autres dans les centres d’interrogatoire et de détention, font face à des « mesures de représailles ». Il a cité, parmi ces conditions carcérales inhumaines, la surpopulation dans les cellules et les chambres, la privation de visites, la négligence médicale, l’intensification des descentes et des fouilles, la réduction des quantités de nourriture, en plus du recours généralisé à l’isolement cellulaire, révélant que le nombre de mineurs soumis à cette punition a fortement augmenté depuis le 7 octobre 2023. M. Al-Ashqar a expliqué que cette pratique s’est aggravée après l’agression contre Ghaza, avec 290 cas d’isolement enregistrés en 2024 et 325 cas en 2025, pour des périodes allant de quelques jours à plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il a affirmé que l’isolement cellulaire est devenu une politique systématique et non plus des cas isolés, soulignant ses graves conséquences psychologiques sur les mineurs, dont beaucoup souffrent d’anxiété, de dépression, d’hallucinations et de troubles de la mémoire. Il a également signalé une détérioration de leur état de santé physique en raison du manque de nourriture et de sa mauvaise qualité, ainsi que de la propagation des maladies dans un contexte d’absence de soins médicaux, notamment la gale « scabiose », qui touche la majorité des mineurs à cause du manque de produits d’hygiène, de l’interdiction de se laver et de la pénurie d’eau. Le même responsable a indiqué que les traitements infligés aux quelque 350 mineurs détenus dans les prisons de l’occupation constituent une violation flagrante des conventions internationales relatives à la protection des enfants, lesquelles interdisent la torture ainsi que les traitements cruels et dégradants. Il a estimé que la poursuite de ces pratiques équivaut à des crimes de guerre, en particulier au regard de la détention d’enfants dans des lieux impropres à la vie humaine et dépourvus des conditions minimales de santé et de sécurité.

Lyes S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *