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Sûreté nucléaire : Alger accueille les experts de onze pays

L’évènement reflète le souci constant de l’Algérie de soutenir la coopération face aux défis liés à la sûreté nucléaire.

L’Algérie accueille cette semaine des experts nucléaires venus de onze pays. Une session de formation régionale sur « les principes de l’analyse forensique nucléaire » (ou analyse numérique nucléaire) a été inaugurée ce dimanche à Alger par le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal. Les travaux, organisés par le Centre de formation et de soutien en matière de sûreté nucléaire, en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), se tiennent du 17 au 21 mai.

L’analyse forensique nucléaire est une discipline technique qui permet d’identifier l’origine de matières radioactives ou nucléaires impliquées dans un incident, qu’il soit accidentel ou criminel. Dans un contexte mondial où le trafic illicite de matières radioactives reste une menace documentée, la maîtrise de ces outils d’investigation est devenue un enjeu de sécurité à part entière. Dans son allocution d’ouverture, le ministre Adjal a indiqué que cette session «représente une occasion de renouveler l’engagement de l’Algérie en faveur du renforcement de la coopération régionale et internationale dans le développement des programmes d’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, notamment au profit des pays africains». Il a ajouté que le fait d’accueillir cette formation «reflète le souci constant de l’Algérie de soutenir la coopération face aux défis liés à la sûreté nucléaire, par l’échange d’expertises et de savoirs sous l’égide de l’AIEA, conformément aux traités et conventions internationaux relatifs aux utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire».

La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du président de l’Autorité nationale de la sûreté et de la sécurité nucléaires, de la présidente de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz, ainsi que du commissaire à l’énergie atomique et de hauts cadres de plusieurs départements ministériels.

C’est précisément Abdelhamid Mellah, commissaire à l’énergie atomique, qui a précisé les objectifs concrets du stage. Cette session, a-t-il expliqué, «vise à mettre en évidence l’importance de l’analyse forensique nucléaire dans la lutte contre les actes criminels, qu’ils soient délibérés ou non intentionnels, impliquant des matières nucléaires ou radioactives, des sources de rayonnement ou des équipements associés, susceptibles de menacer la sécurité des personnes, des biens et de l’environnement, ou de causer des dommages aux installations concernées».

La formation réunit des participants venus de onze pays, aux côtés d’un représentant de l’AIEA. Elle est encadrée par des spécialistes issus de la division de la sécurité nucléaire de l’AIEA, du Laboratoire national des États-Unis, de la Commission jordanienne de l’énergie atomique, ainsi que d’experts du Centre algérien de formation et de soutien en matière de sûreté nucléaire. Le programme comprend des conférences et des exercices pratiques portant notamment sur la pérennité des institutions d’analyse forensique nucléaire et les mécanismes de coopération internationale dans ce domaine.

Cette session s’inscrit dans le cadre du Réseau international des centres de soutien à la sûreté nucléaire, géré par l’AIEA. Pour l’Algérie, qui dispose depuis plusieurs années d’un réacteur de recherche à Draria et d’un second à Aïn Oussera, la participation active à ce réseau n’est pas anodine. Le pays cherche à consolider son statut de pôle régional en matière de formation nucléaire civile, notamment à destination du continent africain, dont une grande partie des États ne dispose pas encore des capacités techniques nécessaires pour faire face à un incident radiologique.

L’enjeu dépasse la seule technique. Disposer d’une capacité forensique nucléaire crédible, c’est aussi être en mesure d’attribuer l’origine d’un matériau saisi, de coopérer avec Interpol ou l’AIEA en cas de trafic détecté, et de répondre aux obligations issues du droit international en matière de non-prolifération. C’est, en somme, une question de souveraineté autant que de sécurité.

Salim Amokrane

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