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Conflit au Moyen-Orient : Téhéran dénonce l’absence de concessions de Washington

Les négociations entre l’Iran et les États-Unis sont dans l’impasse. Les médias iraniens affirmaient dimanche que Washington n’avait accordé « aucune concession concrète » en réponse aux propositions de Téhéran, tandis que Donald Trump devait décider dans les prochaines heures, selon le New York Times, s’il reprendrait ou non les frappes militaires contre l’Iran, suspendues depuis la trêve du 8 avril.

Selon l’agence Fars, les États-Unis ont soumis à Téhéran une liste de cinq points exigeant notamment que l’Iran ne maintienne qu’un seul site nucléaire en activité et transfère l’intégralité de son stock d’uranium hautement enrichi à Washington. La même source indique que Washington a refusé de débloquer « ne serait-ce que 25 % » des avoirs iraniens gelés à l’étranger et écarté toute idée de réparations pour les dommages subis par l’Iran depuis le déclenchement du conflit. L’agence Mehr abondait dans le même sens, dénonçant « des conditions excessives » et précisant que Washington avait conditionné « la cessation des hostilités sur tous les fronts à l’ouverture de négociations » sur le nucléaire. 

Sur le terrain militaire, les avertissements iraniens se font plus directs. Le porte-parole des forces armées, le général Abolfazl Shekarchi, prévenait dimanche que « si l’Iran est de nouveau agressé, les ressources et l’armée de son pays seront confrontées à des scénarios inédits, offensifs, surprenants et tumultueux ». Une mise en garde qui répond à la menace américaine de reprise des frappes, rendue publique le même jour par le New York Times.

Ces développements interviennent dans le cadre de la trêve conclue le 8 avril, qui n’avait pas permis la levée du blocus du détroit d’Ormuz ni la fin des combats au Liban. Un cessez-le-feu partiel, donc, négocié après six semaines d’un conflit ouvert déclenché le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, au cours desquelles le Guide suprême Ali Khamenei avait été tué. Le détroit d’Ormuz reste au cœur du blocage : Téhéran avait proposé de résoudre en priorité la crise maritime et de lever le blocus américain, en différant les négociations nucléaires à une étape ultérieure, une approche que Washington avait jugée insuffisante. Le président iranien Pezeshkian avait posé sa condition : pas de « négociations forcées sous la pression, les menaces et le blocus ».

En marge des pourparlers avec Washington, le chef du Parlement et négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf était chargé ce dimanche de superviser les relations avec la Chine, signal d’une volonté de Téhéran de consolider ses appuis stratégiques pendant que la diplomatie avec les États-Unis piétine.

Lyes Saïdi

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