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L’USMA s’offre un troisième trophée au bout du suspense : Les Rouge et Noir sur le toit de l’Afrique

Au Stade olympique du Caire, samedi 16 mai, l’USM Alger a décroché un troisième trophée continental en dominant le Zamalek aux tirs au but (8-7), après un match retour de finale de la Coupe de la Confédération africaine de football soldé sur le score d’un but partout. Un sacre arraché dans l’une des arènes les plus intimidantes du continent, qui a déclenché dans toute l’Algérie des scènes de liesse que le pays n’avait pas connues depuis la précédente conquête des Rouge et Noir, en 2023.

Le scénario avait pourtant tout du piège. Battus 1-0 à l’aller, à Alger, les Cairotes n’ont attendu que cinq minutes pour égaliser sur penalty, transformé par l’international palestinien Oday Debbagh. Un coup de massue d’entrée, de quoi déstabiliser n’importe quelle équipe venue jouer dans ce Caire en feu. Pas l’USMA. Les Algérois ont encaissé, recalibré, et tenu leur ligne sans jamais lâcher le fil du match. Disciplinés tactiquement, organisés défensivement, ils ont même failli l’emporter dans le temps réglementaire. Ahmed Khaldi a été l’homme de la soirée dans le registre de l’insolence offensive : quatre tentatives sérieuses aux 24e, 43e, 54e et 68e minutes, chacune à l’entrée de la surface, chacune suffisamment cadrée pour inquiéter le gardien égyptien. Sans le réalisme nécessaire devant le but, le score n’a pas bougé jusqu’au coup de sifflet final. Il a donc fallu passer par les tirs au but.

Et là, les Rouge et Noir ont été parfaits. Huit tireurs, huit réussites : Draoui, Khaldi, Radouani, Benayad, Locif, Chetti, Dehiri, et enfin Likonza, qui a planté le penalty du sacre. En face, le capitaine du Zamalek, Mohamed Shehata, a envoyé le dernier tir en dehors du cadre, laissant le gardien Oussama Benbot à genoux sur sa ligne et ses coéquipiers exploser de joie. C’est un détail qui compte : l’USMA n’a pas gagné parce que le Zamalek a raté. Elle a gagné parce qu’elle a tout réussi, sans faillir une seule fois dans l’exercice le plus cruel du football.

Le trophée a été remis aux joueurs algériens par Patrice Motsepe, président de la CAF, en présence du ministre des Sports Walid Sadi, du président du conseil d’administration du club Bilel Nouioua et du directeur sportif Saïd Allik. Le soir même, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a adressé ses félicitations sur les réseaux sociaux : « C’est un sacre historique qui fait la fierté de toute l’Algérie. Bravo à l’USMA et un grand merci aux joueurs, aux staffs technique et administratif, ainsi qu’aux formidables supporters. »

Derrière ce sacre, il y a un homme dont le parcours mérite qu’on s’y arrête. Lamine N’Diaye, l’entraîneur sénégalais de l’USMA, avait déjà vécu une finale de Coupe de la CAF. C’était en 2003, avec Coton Sport de Garoua face au Raja Casablanca. Défaite 2-0, puis 0-0. Une cicatrice qui a suivi le technicien pendant vingt-trois ans. Samedi au Caire, il a refermé ce chapitre de la manière la plus nette possible : en menant l’USMA au titre dans une finale à tension maximale, dans un stade adverse, au bout d’une séance de tirs au but à rallonge. N’Diaye n’en est pas à son premier titre africain — il a notamment remporté la Ligue des champions CAF avec le TP Mazembe en 2010 —, mais celui-ci a une saveur particulière, celle des comptes soldés avec l’histoire.

Pour l’USMA, ce troisième sacre continental (après la Coupe de la Confédération 2023 et la Super Coupe d’Afrique face à Al Ahli) s’accompagne d’une prime de 4 millions de dollars, un record mis en place par la CAF, et d’une place en Super Coupe de la CAF 2026, où le club algérois affrontera le vainqueur de la finale de la Ligue des champions entre Mamelodi Sundowns et l’AS FAR. De quoi prolonger l’aventure africaine.

À Alger et dans plusieurs villes du pays, les scènes qui ont suivi le coup de sifflet final au Caire ont duré une bonne partie de la nuit : cortèges de voitures, drapeaux aux fenêtres, klaxons et chants dans les rues. Ce genre d’images ne se fabrique pas. Elles disent simplement que quand l’USMA gagne en Afrique, c’est rarement vécu comme le résultat d’un match de football ordinaire. C’est autre chose. Quelque chose de plus collectif, de plus chargé. Le football algérien, souvent critiqué pour ses lacunes structurelles, produit pourtant des équipes capables de tenir tête aux meilleures du continent dans les moments qui comptent. Cette USMA-là l’a encore prouvé, sur la plus grande scène, dans les pires conditions de pression, avec une régularité qui force le respect.

Moncef Dahleb

admin

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