Culture

Guelma accueille les premières Journées littéraires nationales sur la Palestine : La littérature, outil de résistance et de mémoire

La maison de la culture Abdelmadjid-Chafaï de Guelma a ouvert samedi ses portes à un événement inédit : les premières Journées littéraires nationales sur la Palestine, qui se tiennent jusqu’au 18 mai avec la participation d’écrivains, de poètes et d’auteurs venus de 26 wilayas du pays. Une rencontre placée sous le slogan « Le patrimoine palestinien, une écriture indélébile » et organisée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, en présence de membres de la communauté palestinienne résidant en Algérie.

La cérémonie d’ouverture a réuni une assistance nombreuse, parmi laquelle des étudiants palestiniens de l’université de Guelma et le poète et conteur Mustapha Hamdane. Les participants ont visité une exposition photographique consacrée aux villes palestiniennes occupées, avant de se retrouver autour des ateliers de dessin pour enfants sur le patrimoine palestinien, deux initiatives qui donnaient le ton d’une manifestation résolument ancrée dans la transmission et la mémoire. Prenant la parole lors de l’inauguration, l’inspecteur général de la wilaya, Hocine Meliani, a rappelé ce que la littérature peut porter comme charge politique, estimant que « la puissance des mots dans la littérature révolutionnaire, sous toutes ses formes, recèle des idées, des messages et fait nourrir l’espoir de voir le peuple palestinien frère jouir un jour de l’indépendance et de la sécurité, et qu’il se libère des chaînes de l’injustice et de la tyrannie que lui impose l’entité sioniste occupante ». Des mots qui résonnaient d’autant plus fort dans une ville comme Guelma, dont l’histoire porte elle-même les cicatrices d’une colonisation longue et brutale.

Le directeur de la maison de la culture, Nourredine Kouider, a pour sa part situé l’événement dans le cadre des relations algéro-palestiniennes, soulignant que cette manifestation « témoigne de la sincérité des sentiments de solidarité envers la juste cause palestinienne et incarne les relations solides entre l’Algérie et la Palestine, tant au niveau officiel que populaire ». Il a également détaillé le contenu du programme : des conférences animées par des écrivains et des professeurs spécialisés autour des différents aspects du patrimoine palestinien, matériel et immatériel, ainsi que des lectures de poésie « en plusieurs langues, outre l’arabe et l’amazigh, en signe de solidarité avec la cause palestinienne dans les différentes langues des peuples du monde, au premier rang desquelles l’anglais, le français et l’espagnol ». Le choix d’ouvrir ces lectures à plusieurs langues n’est pas anodin : il signale une volonté de ne pas cantonner la solidarité à un seul registre culturel, mais de la projeter vers un public plus large.

Mme Zahia Frendi, membre du comité d’organisation, a également pris la parole lors de la cérémonie, consacrant son allocution aux « massacres aux multiples facettes perpétrés par l’entité sioniste occupante contre le peuple palestinien résistant ». La chorale Aridj, de l’association culturelle Choumou’e de Guelma, a clôturé la cérémonie d’ouverture par l’interprétation de chants patriotiques, rappelant que la musique reste, elle aussi, un vecteur de mémoire collective.

Au-delà des discours, le programme complet des journées prévoit des lectures poétiques, des conférences thématiques et des excursions vers les sites naturels et archéologiques de la wilaya, offerts aux participants comme prolongement culturel de la rencontre. Ces premières Journées littéraires nationales sur la Palestine s’affirment ainsi comme bien plus qu’une commémoration : elles posent les bases d’un rendez-vous qui entend faire de la littérature un outil de résistance et de mémoire, dans une Algérie qui n’a jamais dissocié sa propre histoire de celle du peuple palestinien.

M.S.

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