Le programme d’importation des bêtes s’accélère à quelques jours de l’Aïd : Des moutons livrés par avion !
Quatre cents moutons en provenance de Hongrie ont atterri ce dimanche à l’aéroport international Mohamed-Boudiaf de Constantine à bord d’un avion-cargo. Le fait est banal en apparence. Il dit pourtant quelque chose d’important sur l’état du programme d’importation : à moins de dix jours de l’Aïd El-Adha, prévu fin mai, l’Algérie a sorti les grands moyens pour tenir ses engagements. L’objectif est d’un million de têtes importés. C’est le chiffre annoncé par le président Abdelmadjid Tebboune en Conseil des ministres le 7 janvier dernier, quand la décision d’importer des moutons pour l’Aïd El-Kebir a été officialisée. Le prix de vente au public a été plafonné à 50 000 dinars lors d’une réunion du même Conseil, le 8 mars. Depuis, la machine tourne. Les premières bêtes sont arrivées par bateau dès le 26 mars au port d’Alger. Le ministère de l’Agriculture avait alors annoncé que l’opération se poursuivrait jusqu’au 20 mai «afin de compléter l’acquisition de la quantité totale prévue dans les contrats conclus avec l’Espagne, la Roumanie, le Brésil et l’Uruguay». Depuis, la liste des pays fournisseurs s’est allongée : la Géorgie, la Croatie et la Hongrie ont rejoint le dispositif. Les modes d’acheminement aussi se sont diversifiés. Après les navires de bétail, dont certains peuvent transporter jusqu’à 20 000 têtes, place aux avions-cargos.
Baddreddine Kherchi, directeur des services agricoles de la wilaya de Constantine, a confirmé que cette cargaison hongroise est «la première» à arriver par voie aérienne dans la région. Il a précisé qu’«un dispositif de transport aérien a été mobilisé depuis samedi et se poursuivra jusqu’à mardi», et que le recours à l’avion vise à «accélérer l’opération de réception des moutons destinés au sacrifice, de manière à permettre leur distribution dans les délais fixés et à assurer l’approvisionnement du marché en temps opportun».
Ce n’est pas la première fois que l’Algérie utilise le fret aérien dans ce cadre. En 2025, des avions d’Air Algérie avaient été mobilisés pour acheminer des animaux vers les zones éloignées du Grand Sud, difficiles d’accès par voie maritime ou terrestre. Cette année, le recours à l’avion s’étend aux grandes villes du nord, signe que le compte à rebours est serré.
Avant leur mise en vente, tous les lots arrivant à l’aéroport de Constantine seront soumis à une quarantaine sanitaire, sous la supervision de médecins vétérinaires, conformément au protocole en vigueur, a précisé Kherchi. Une fois libérés, ils seront acheminés vers les points de vente désignés dans la wilaya, puis orientés selon un programme établi vers d’autres wilayas.
L’Algérie a tiré les leçons de l’Aïd 2025, où les retards d’approvisionnement avaient provoqué une flambée des prix sur les marchés. Cette année, le lancement anticipé de l’opération — deux mois plus tôt qu’en 2025 — et la mise en place d’une plateforme numérique de suivi en temps réel, permettant de localiser les navires, de connaître leur cargaison et de suivre la distribution, témoignent d’une organisation plus structurée. Les citoyens peuvent également formuler leurs demandes d’achat via cette même plateforme.
Le contexte international n’a pas facilité les choses. Les tensions au Moyen-Orient ont perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et fait grimper les coûts du fret maritime. Les navires de bétail ont néanmoins continué d’affluer sur les ports algériens durant les mois d’avril et mai, à un rythme que les autorités décrivent comme soutenu.
À quelques jours de la fête, aucun bilan officiel chiffré n’a été communiqué sur le taux d’exécution du programme. Ce qui est certain, c’est que les cargaisons continuent d’arriver, par mer et désormais par air, et que de nouveaux lots sont attendus dans les jours qui viennent dans plusieurs wilayas du pays.
Malik Meziane

