Mois du patrimoine : Une édition aux 2.000 événements
La clôture ouvre des perspectives de coopération africaine.
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé lundi à Alger la cérémonie de clôture du Mois du patrimoine, qui s’est tenu du 18 avril au 18 mai, au Palais de la culture Moufdi-Zakaria. Devant un parterre de cadres du secteur, de représentants de différents ministères et en présence du ministre tchadien du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Abakar Rozzi Teguil, ainsi que de la moudjahida et ancienne ministre Zhor Ounissi, elle a dressé le bilan d’une édition particulièrement dense, marquée par près de deux mille manifestations culturelles à travers le pays. Le chiffre donne la mesure de l’ambition affichée. «Près de 2.000 événements culturels» ont été organisés sur l’ensemble du territoire national, a indiqué Mme Bendouda dans son allocution, couvrant des domaines aussi variés que les sites archéologiques, les manuscrits anciens, l’art culinaire, la musique, le patrimoine oral et l’habit traditionnel. Une programmation étalée sur trente jours qui entendait, selon la ministre, toucher toutes les composantes d’un héritage culturel pluriel.
Parmi les temps forts de cette édition, la ministre a mis en avant la tenue de la première édition des «Rencontres afro-méditerranéennes de la pensée», organisées du 28 au 30 avril autour de la figure de Saint Augustin, personnalité algérienne célébrée dans sa double dimension africaine et méditerranéenne. Festivals de cinéma, de littérature et de Samaâ soufi ont également rythmé ce mois, contribuant à donner à la célébration une portée dépassant le seul registre mémoriel.
Sur le fond, Mme Bendouda a tenu à rappeler la vocation première de cette manifestation annuelle. Le Mois du patrimoine est, selon ses propres termes, «une tradition annuelle visant à célébrer le patrimoine matériel et immatériel algérien, à valoriser les accomplissements historiques et à renouveler l’engagement envers l’identité culturelle commune, notamment dans sa dimension africaine». Une formule qui dit quelque chose des priorités du secteur : ancrer la politique patrimoniale dans une identité assumée, africaine autant que méditerranéenne.
La présence du ministre tchadien à cette cérémonie n’était pas anodine. Mme Bendouda a évoqué la volonté de son secteur de «tisser une coopération commune importante» entre l’Algérie et le Tchad pour «protéger le patrimoine africain contre les vols et les pillages», et d’en «assurer la transmission aux générations futures». Une ambition qui s’inscrit dans un contexte où le pillage des biens culturels africains reste une réalité documentée, et où les appels à une solidarité continentale se font de plus en plus pressants. La ministre a par ailleurs évoqué un chantier plus économique, moins souvent mis en avant dans ce type de discours : le travail en cours pour «transformer les potentialités patrimoniales en leviers économiques et d’investissement contribuant à l’économie nationale, conformément au programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune». La journée a également accueilli une Journée d’information sur les parcs culturels, destinée à mettre en lumière le réseau national de ces espaces et leur rôle dans la protection du patrimoine naturel et culturel. En parallèle, Mme Bendouda a présidé la célébration de la Journée internationale des musées, qui coïncide chaque année avec le 18 mai, au Musée national des Beaux-Arts d’Alger. L’occasion a donné lieu à l’ouverture d’une exposition consacrée à la calligraphie arabe, aux miniatures et à l’enluminure, rassemblant des artistes de plusieurs générations. Un hommage a également été rendu à des chercheurs en archéologie et en arts plastiques, en reconnaissance de leur contribution à la préservation du patrimoine national.
Mohand Seghir

