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Une délégation nigérienne de haut niveau effectue une visite en Algérie : Alger et Niamey resserrent les liens

Une délégation ministérielle nigérienne de haut niveau est arrivée mardi à Alger, pour une journée de travail dense couvrant la sécurité, les hydrocarbures et l’énergie. Le président Tebboune a reçu en audience le général Mohamed Toumba, confirmant la profondeur d’une relation bilatérale qui se construit désormais secteur par secteur.

Mardi à Alger, une délégation ministérielle nigérienne conduite par le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, a enchaîné les rencontres avec plusieurs membres du gouvernement algérien avant d’être reçue, en fin de journée, par le président Abdelmadjid Tebboune. Le signal est clair : Alger traite ce partenariat au plus haut niveau.

La composition même de la délégation nigérienne témoigne de l’ambition affichée. Aux côtés du général Toumba figuraient le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, la ministre de l’Énergie et le secrétaire général du ministère du Pétrole. Une couverture thématique qui traduit la volonté de Niamey de faire de cette visite autre chose qu’un simple échange de courtoisie.

Sécurité et frontières

C’est le volet sécuritaire qui constitue le fil conducteur de la visite. À son arrivée à l’aéroport Houari-Boumediene, le général Toumba a été accueilli par le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, accompagné du secrétaire d’État Sofiane Chaib, chargé de la Communauté nationale à l’étranger. Les discussions ont ensuite impliqué des responsables de premier rang : le directeur général de la Sûreté nationale, le chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, le directeur général de la Protection civile, ainsi que les walis de Tamanrasset et d’In Guezzam — deux wilayas frontalières avec le Niger.

Ce déploiement illustre la portée des échanges. Selon le communiqué du ministère de l’Intérieur, les deux parties ont abordé «les voies de renforcement de la coopération en matière de sécurité, de lutte contre l’immigration clandestine, de valorisation des zones frontalières», mais aussi «le développement de la coordination dans les domaines de la protection civile, de la formation et de l’échange d’expertises». La frontière commune, longue de plus de neuf cents kilomètres dans des zones désertiques perméables, est au centre des préoccupations des deux pays depuis plusieurs années.

La visite s’inscrit dans le cadre «des instructions du président de la République visant à consolider les relations existantes avec la République du Niger et à renforcer la concertation et la coordination bilatérales».

Hydrocarbures : Sonatrach en position d’accompagnateur

En parallèle, le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu une délégation du ministère du Pétrole nigérien conduite par son secrétaire général, Abdoul Karim Mohamed Ali. La rencontre, à laquelle participait le directeur général de la Sonidep — la société nigérienne du pétrole —, a porté sur «les moyens de renforcer la coopération sur toute la chaîne de valeur des hydrocarbures, notamment en matière de raffinage, de pétrochimie, de forage et de développement des produits pétroliers au Niger avec le concours de Naftal».

Les échanges ont aussi permis de faire le point sur une visite technique que la délégation nigérienne avait effectuée dans plusieurs installations de Sonatrach à Boumerdès et à Hassi Messaoud. À cette occasion, les responsables nigériens «ont pris connaissance du potentiel technique et humain et de l’expertise de l’Algérie dans les domaines de l’exploration, de la production, de la formation et des services pétroliers», indique le communiqué. M. Arkab a réaffirmé «la disposition de l’Algérie, à travers le groupe Sonatrach et ses filiales, à accompagner la République du Niger dans le développement de son secteur des hydrocarbures, à travers le transfert de l’expertise et du savoir-faire algériens».

La formation occupe une place de choix dans ce dispositif. L’Institut algérien du pétrole et les écoles de Sonatrach sont cités comme leviers pour la montée en compétences des cadres et techniciens nigériens. Un investissement dans le capital humain qui vise le long terme et qui donne à la coopération une densité que les simples contrats commerciaux n’auraient pas.

Électricité : Sonelgaz à pied d’œuvre

Le volet énergétique de la visite a été traité par le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables Mourad Adjal, qui a reçu son homologue nigérienne, Amadou Haoua. Au menu : le suivi d’un projet déjà en cours de réalisation, celui d’une centrale de production d’électricité construite par le groupe Sonelgaz à Niamey. M. Adjal a souligné que ce projet avait été concrétisé «dans des délais records», le qualifiant d’«étape stratégique majeure dans le processus de coopération entre les deux pays». La ministre nigérienne a exprimé sa «grande satisfaction du niveau de coopération existant» et a présenté «un ensemble de projets prioritaires nécessitant l’accompagnement de la partie algérienne», notamment la réhabilitation des réseaux et la restructuration du système énergétique nigérien via l’adoption d’outils numériques. Autant de chantiers que les deux parties ont convenu d’inscrire dans un cadre de coopération renforcée, en prolongeant les discussions déjà engagées lors d’une rencontre précédente à Niamey.

Cette séquence entre les deux ministres de l’énergie illustre un modèle que l’Algérie cherche à développer à l’échelle africaine : non pas un bailleur qui finance des infrastructures clés en main, mais un partenaire technique qui transfère des compétences et forme des équipes locales. La nuance est politique autant qu’économique.

Le point d’orgue de la journée a été l’audience accordée par le président Tebboune au général Toumba. La liste des officiels algériens présents dans la salle est éloquente : deux ministres d’État — Brahim Merad et Ahmed Attaf —, le ministre de l’Intérieur, le conseiller diplomatique de la présidence Amar Abba, les ministres de l’Agriculture et de l’Énergie, le commandant de la Gendarmerie nationale, le directeur général de la Sûreté nationale, le directeur de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement, et l’ambassadeur d’Algérie au Niger. Un plateau rarissime pour une visite de travail, qui dit beaucoup de l’importance que Alger accorde à un partenariat relancé depuis quelques mois et dont le point d’orgue a été la visite du président nigérien Abdourahamane Tiani à Alger au mois de février dernier et qui s’est traduite par la signature de 12 accords et programmes de coopération. Depuis, c’est un véritable ballet diplomatique qui s’est installé entre Alger et Niamey traduisant la volonté de passer rapidement  des déclarations d’intention aux actes concrets et imposer les relations entre les deux nations comme un modèle de coopération dans l’espace Sahélo-saharien.

Salim Amokrane

Le président de la République reçoit un appel téléphonique de son homologue tchadien

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, mardi, un appel téléphonique de son frère, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, pays frère, au cours duquel ils ont évoqué les différents projets de coopération entre les deux pays, indique un communiqué de la Présidence de la République. « Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, ce jour, un appel téléphonique de son frère, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, pays frère, au cours duquel ils ont évoqué les différents projets de coopération entre les deux pays et l’échange de visites entre les délégations ministérielles en vue de suivre la mise en œuvre de ces projets sur le terrain, conformément à ce qui a été convenu par les deux Présidents », lit-on dans le communiqué.(APS)

Le président de la République reçoit le Khalife général de la Fayda Tidjania au Sénégal

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, mardi, le Khalife général de la Fayda Tidjania au Sénégal, Cheikh Mohamed El-Mahi Ibrahim Niass, et la délégation l’accompagnant. Ont assisté à cette audience, du côté algérien, le ministre d’Etat, chargé de l’Inspection générale des services de l’Etat et des Collectivités locales, M. Brahim Merad, le Khalife général de la Tariqa Tidjania, Cheikh Sidi Ali Belarabi, et le conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires religieuses, des zaouïas et des écoles coraniques, M. Mohamed Hassouni. Ont assisté à l’audience, du côté sénégalais, MM. Mohamed El Khalifa Cheikh Ibrahim Niass, Mohamed Moustapha Niass, Mohamed Macky Niass et Abdourahmane Ndao, de la Fayda Tidjania au Sénégal. (APS)

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