Culture

Opéra d’Alger : Cheb Akil revient hanter la scène le 13 juin

Il y a des voix qu’on n’oublie pas vraiment — on les range quelque part, et elles ressortent à la première note. Celle de Cheb Akil est de celles-là. Le 13 juin 2026, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh lui consacre une soirée hommage, plus de deux décennies après sa disparition prématurée, et le fait que la salle affiche complet depuis l’annonce dit quelque chose sur ce que cet homme a laissé derrière lui.

Akil Aïssaoui, dit le Cheb Akil, appartient à cette génération de voix du raï qui ont transformé un genre de fête populaire en quelque chose de plus universel. « Mezal Mezal » et « El Achk El Mamnou » — les deux titres qui ont traversé les frontières, repris par des artistes aux quatre coins du monde arabe — résument assez bien ce qu’il faisait avec une chanson : il prenait une douleur ordinaire, la nostalgie, le désir contrarié, et il la rendait précise au point qu’elle devenait la vôtre. Des artistes arabes ont chanté ses chansons après lui, et l’écho ne s’est pas éteint. Il ne s’éteindra probablement pas de sitôt.

La soirée réunit des artistes qui l’ont côtoyé, des voix qui ont partagé avec lui des scènes et des années. Amine Babylon, Chems Frikèlaine, Bilal Esseghir, Akil Esseghir, Cheb Hamido, la Chebba Sihem et Chazelle montent sur le plateau de l’Opéra, accompagnés par l’Orchestre des variétés sous la direction du maestro Amine Dehane. Ce n’est pas une programmation de convenance — plusieurs de ces artistes portent le raï depuis les mêmes années que lui, et leur présence a le sens d’un témoignage autant que d’un concert.

Il faut rappeler le contexte : en 2022, l’UNESCO a inscrit le raï algérien sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance a donné à ce genre une légitimité institutionnelle qu’il n’avait pas toujours eu. Akil est mort bien avant cette inscription, mais son œuvre appartient au socle de ce patrimoine. On ne peut pas raconter l’histoire du raï sans passer par lui.

Les filles du chanteur disparu et des membres de sa famille seront dans la salle. Ce n’est plus seulement une soirée commémorative à programme. C’est une veillée, quelque chose de plus intime que le cadre de l’Opéra ne le laisse supposer. Les billets sont disponibles sur le site de réservation de l’Opéra d’Alger (booking.operaalger.dz) ainsi qu’au guichet, du dimanche au vendredi, de midi à 19h. Le tarif commence à 2 000 dinars. L’Opéra rappelle ses conditions d’accueil habituelles : les enfants de moins de 5 ans ne sont pas admis, et la tenue de soirée est requise — shorts, vêtements de sport et sandales ne donnent pas accès à la salle.

Mohand S.

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