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MC Oran : Onze saisons sans l’Afrique

La victoire du CR Belouizdad sur l’ES Ben Aknoun (3-1), dimanche soir à Baraki, a sonné le glas des dernières illusions oranaises. Le MC Oran ne disputera pas de compétition africaine la saison prochaine. Pour la onzième année de suite.

Onze saisons. Le chiffre mérite qu’on s’y arrête. Depuis 2015, le Mouloudia d’Oran regarde l’Afrique depuis le banc. Pendant ce temps, d’autres clubs algériens ont tourné sur le circuit continental, accumulé l’expérience, gagné en visibilité. Oran, elle, attend. La série noire du MCO rejoint désormais la pire de son histoire, celle qui courait de 2005 à 2016 — et elle n’est pas encore terminée. Ce n’est pas un accident de parcours. Le résultat de dimanche n’a fait que valider ce que le calendrier annonçait depuis des semaines. Avec un match en retard à disputer et des adversaires directs encore en course, le MCO avait besoin d’un concours de circonstances qui ne s’est pas produit. Le Chabab a fait son travail au stade Nelson-Mandela de Baraki, malgré une entame difficile : Talah avait ouvert le score pour l’ESBA dès la 12e minute, donnant brièvement l’impression que le scénario pourrait tourner autrement. Mais le capitaine Laouafi a réglé l’affaire à lui seul. Un hat-trick en seize minutes — 25e, 34e, 41e — et les Rouge et Blanc rentraient aux vestiaires avec trois buts d’avance. La seconde période n’a rien changé au fond du tableau. Score final : 3-1, troisième place pour le CRB (51 points), et rideau sur les ambitions oranaises.

Du côté d’Oran, on n’a plus grand-chose à dire sur cette saison-là. L’entraîneur sortant, Cherif El Ouazzani Si Tahar, ancien international et connaisseur du club, n’a pas caché sa frustration devant une situation qu’il juge indigne du rang du MCO. Il a raison de trouver ça difficile à avaler. Le Mouloudia d’Oran, c’est quatre titres de champion d’Algérie — 1971, 1988, 1992, 1993 — et une place dans la mémoire du football national que les mauvaises saisons n’effacent pas. Mais la mémoire ne remplace pas les points, et les points manquent depuis trop longtemps.

Son successeur, Zoubir Ouasti, a pris ses fonctions avec les promesses d’usage : l’équipe sera compétitive, elle jouera les premiers rôles la saison prochaine. C’est le discours attendu, et ce n’est pas une critique — il faut bien repartir de quelque part. Reste que ces mots-là, on les a déjà entendus à Oran. Plusieurs fois. Entre les changements d’entraîneurs à répétition, les difficultés financières récurrentes et les résultats qui ne suivent pas, le club tourne en rond depuis plus d’une décennie sans trouver la sortie.

À une journée de la fin de la Ligue 1 Mobilis, le MCO terminera au pied du podium, hors du top 3, hors de l’Afrique. Ce n’est pas une catastrophe sportive au sens strict — le club n’est pas en danger de relégation — mais c’est une médiocrité qui s’installe, et l’installation est souvent plus dangereuse que la chute franche. On sait au moins quand on tombe. On ne sait pas toujours qu’on stagne.

Pour le CRB, en revanche, la soirée a tout d’une bonne opération. Avec 51 points et la troisième place en poche, le Chabab revient à une longueur de la JS Saoura (52 pts), deuxième. Deux matchs restent à jouer : le mardi 2 juin face à l’USM Alger au stade du 5-Juillet (19h00), puis le vendredi 5 juin en déplacement chez la JS Kabylie (20h00). Le titre, lui, est ailleurs arraché par le Mouloudia d’Alger, mais la bataille pour le podium africain reste entière. L’ESBA, de son côté, reste huitième avec 41 points et deux rencontres encore au programme. Oran, elle, prépare déjà la prochaine saison. La douzième tentative, si on compte bien.

Moncef D.

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