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Paquets de cigarettes : Des avertissements sanitaires imposés sur 60% des emballages

Le Premier ministre Sifi Ghrieb a signé le 16 mai 2026 un décret exécutif qui impose aux fabricants et importateurs de produits du tabac de couvrir 60% de chaque face de leurs emballages d’avertissements sanitaires illustrés. Le texte, publié au Journal officiel du 25 mai, s’applique à toutes les formes de tabac vendues en Algérie — cigarettes, cigares, chicha, tabac sans combustion et cigarettes électroniques — et prévoit un délai d’un an pour se mettre en conformité. Le décret n° 26-203 est explicite sur les surfaces concernées : chacune des deux faces principales d’un paquet devra porter, sur 60% de sa superficie, «l’avertissement général « La consommation du tabac est nocive pour la santé »», accompagné d’un avertissement spécifique sous forme de texte et de dessins ou pictogrammes correspondants. Les faces latérales ne sont pas épargnées : la gauche devra indiquer que «la fumée de tabac contient plus de 70 substances cancérigènes, notamment le goudron, le benzène et l’arsenic» ; la droite portera la mention «Interdiction de vente par et aux mineurs».

Cette architecture réglementaire suit la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, que l’Algérie a ratifiée en 2006. Mais le texte va plus loin que le seul format visuel. Il interdit formellement toute mention susceptible de minimiser les risques : des termes comme «légère», «ultralégère», «douce», «faible teneur en goudron» ou «taux réduits de nitrosamines» sont nommément exclus des emballages. La raison est formulée sans détour — ces expressions «donnent, directement ou indirectement, l’impression erronée qu’un produit du tabac particulier [est] moins nocif que d’autres».

Le décret distingue plusieurs catégories de produits, chacune avec ses obligations propres. Pour les produits sans combustion — tabac à mâcher, à priser, à chiquer — l’emballage devra indiquer que le produit «contient des nitrosamines et du plomb» et que «ces substances sont cancérigènes». Pour les cigarettes électroniques avec nicotine, l’avertissement spécifique précise que «la nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance» et que «son utilisation par les non-fumeurs est déconseillée». Les flacons de recharge, avec ou sans nicotine, sont soumis à la même logique : mention obligatoire que le liquide «contient des substances toxiques qui sont nocives pour la santé».

Sur la rotation des visuels, le décret impose un rythme précis. Les avertissements sanitaires spécifiques et leurs pictogrammes sont répartis en deux séries, utilisées alternativement d’une année sur l’autre, et renouvelés tous les deux ans. Une période de transition de six mois est prévue pour permettre aux opérateurs de passer d’une série à l’autre. Le détail de chaque visuel — les images proprement dites — sera fixé par arrêté du ministre de la Santé.

Ce qui ne changera pas, en revanche, c’est la forme des avertissements. Le texte est précis jusqu’au millimètre : bordure noire de trois millimètres, fond blanc, caractères gras noirs, impression «inamovible, indélébile, lisible et pleinement visible». Les surcharges et encarts commerciaux à l’intérieur des paquets sont interdits. Le texte réglementaire doit rester intact à l’ouverture, sauf pour les paquets à couvercle rabattable, où une interruption est tolérée à condition que «l’intégrité et la visibilité» de l’avertissement soient garanties.

Les fabricants et importateurs ont jusqu’au 25 mai 2027 pour mettre leurs emballages en conformité. Le décret prévoit que «l’inobservation de ses dispositions entraîne l’application des sanctions prévues par la législation et la réglementation en vigueur» .

Chokri Hafed

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