Le SADA 2026 s’ouvre à Alger : L’Algérie met ses entreprises en ordre de marche pour l’Afrique
Cinquante et une entreprises algériennes, des délégations venues de vingt-cinq pays africains et plusieurs ambassadeurs en poste à Alger : c’est dans cette configuration que s’est ouverte samedi la quatrième édition du Salon africain des affaires (SADA 2026), dont les travaux se tiennent jusqu’au 8 juin sous le thème « Construire les partenariats africains de demain : innovation, souveraineté économique et intégration continentale ». Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a présidé la cérémonie d’ouverture, l’occasion pour lui d’articuler une ambition que l’Algérie ne se contente plus de formuler en discours : intégrer concrètement l’économie continentale.
Le message du ministre était clair, presque transactionnel. L’Algérie, a-t-il dit, est « convaincue que la réalisation d’un développement durable en Afrique passe par l’élargissement des échanges commerciaux intra-africains, la promotion de l’investissement productif et le développement des chaînes de valeur africaines ». Ce n’est pas une formule de tribune. C’est le cadre dans lequel Alger positionne désormais son action économique continentale, conformément, a-t-il précisé, aux « orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune ».
Sur la Zone de libre-échange continentale africaine, M. Rezig a été plus direct encore. Il a qualifié la ZLECAf de l’un des « projets économiques stratégiques les plus importants du continent », tout en précisant que son ministère travaille à mettre en place des « programmes et mécanismes destinés à soutenir les entreprises algériennes et à les accompagner dans leur accès aux marchés africains ». Autrement dit : les outils institutionnels suivent, ou du moins sont en cours de construction. C’est là que réside le vrai enjeu pour les opérateurs présents au Salon — pas les déclarations, mais les dispositifs d’accompagnement concrets qui leur permettront de franchir les frontières.
Car les barrières au commerce intra-africain restent tenaces. Logistique défaillante, financements rares, méconnaissance mutuelle des marchés : ce sont précisément ces sujets que le programme du SADA 2026 met sur la table, à travers des panels consacrés au financement, à la logistique, à l’industrialisation locale et à l’entrepreneuriat. Les rencontres B2B et les espaces de réseautage constituent l’autre versant du Salon, plus opérationnel, destiné à transformer les bonnes intentions en contrats signés.
Aux participants, M. Rezig a lancé un appel sans détour : « saisir cette occasion pour établir des partenariats durables, échanger les expériences et explorer de nouvelles opportunités de coopération et d’investissement ». Le Salon, a-t-il souligné, est « un espace privilégié pour le renforcement de la coopération économique et commerciale entre les pays africains », à condition que les acteurs présents le traitent comme tel — non comme une vitrine, mais comme un point de départ.
L’édition 2026 réunit, outre les entreprises algériennes, des représentants d’institutions publiques, d’organisations professionnelles et de chambres de commerce de l’ensemble du continent. Trois jours pour mesurer si la rhétorique de l’intégration africaine, que l’Algérie porte depuis plusieurs années avec une constance certaine, commence à produire des résultats tangibles sur le terrain des affaires.
Sabrina Aziouez

