Saïdal : Un partenariat innovant avec l’allemand Boehringer Ingelheim
C’est une première nationale. Le groupe public Saïdal et l’allemand Boehringer Ingelheim ont signé lundi à El Harrach un accord qui ouvre la voie à la fabrication locale d’un traitement innovant contre la fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie rare et évolutive qui détruit progressivement le tissu pulmonaire. Jusque-là, aucun médicament destiné à une maladie rare de cette nature n’avait été produit en Algérie.
La cérémonie s’est tenue directement dans l’unité de production de Saïdal à El Harrach, en présence du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, et de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Georg Felsheim. L’accord a été paraphé par le directeur général de Saïdal, Mourad Belkhelfa, et le directeur général de Boehringer Ingelheim pour la région Inde, Moyen-Orient et Afrique, Derek O’Leary. Le choix du lieu n’est pas anodin : les équipements du site répondent aux normes pharmaceutiques internationales requises pour ce type de production. Boehringer Ingelheim n’est pas un nouveau venu sur le marché algérien. Le groupe allemand, spécialisé dans la recherche et le développement de médicaments biologiques, est présent en Algérie depuis 2012. L’accord de lundi formalise un partenariat d’un niveau supérieur : il ne s’agit plus seulement de commercialiser des produits importés, mais de les fabriquer sur place, avec transfert de savoir-faire à la clé.
Kouidri a placé la barre haut. Pour lui, cet accord «constitue une étape marquante dans le processus de développement de notre industrie pharmaceutique nationale et de renforcement de ses capacités de production dans le domaine des médicaments innovants», ajoutant qu’il «traduit également la volonté commune de bâtir un partenariat de qualité entre l’Algérie et l’Allemagne».
Le ministre a également situé l’accord dans le cadre de la politique sanitaire nationale : il «s’inscrit dans le cadre de la stratégie adoptée par l’Etat, sous la conduite sage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la souveraineté sanitaire nationale, à réduire progressivement la dépendance aux importations et à garantir aux patients l’accès aux nouveaux traitements innovants».
Kouidri a enfin évoqué les perspectives commerciales à plus long terme, qualifiant ce projet de «modèle réussi de partenariat algéro-allemand, fondé sur l’échange d’expertises ainsi que sur le transfert du savoir-faire et de la technologie, afin d’assurer la disponibilité de traitements modernes, de haute qualité et à des coûts compétitifs, tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’exportation vers les marchés africains à l’avenir».
Belkhelfa a précisé que cet accord s’inscrit dans l’orientation de Saïdal visant à «soutenir la fabrication et la production au niveau local de médicaments innovants et à renforcer les capacités nationales dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, contribuant ainsi à la réalisation de la sécurité sanitaire». Du côté allemand, O’Leary a insisté sur la dimension industrielle de long terme : l’accord concrétise «notre engagement constant à soutenir les industries pharmaceutiques et biologiques en Algérie et à accompagner leurs efforts pour développer une industrie pharmaceutique fondée sur l’innovation, à travers la fabrication et la production au niveau local», ajoutant que cette initiative «contribuera à l’amélioration de l’accès des patients à des traitements modernes, innovants et de haute qualité».
La fibrose pulmonaire idiopathique est une maladie chronique grave, sans guérison possible à ce jour. Les traitements disponibles ralentissent la progression de la maladie mais ne l’enrayent pas. Pour les patients algériens concernés, l’enjeu de la disponibilité locale est direct : moins de ruptures de stock, des coûts maîtrisés, et un accès qui ne dépend plus des aléas de l’importation renforçant ainsi la souveraineté sanitaire.
Sabrina Aziouez

