Moyen-Orient : Trump promet la réouverture d’Ormuz « dès la signature » d’un accord avec l’Iran
Donald Trump a promis lundi soir que le détroit d’Ormuz se rouvrirait « immédiatement » dès la signature d’un accord avec l’Iran, affirmant que la diplomatie américaine était dans les « derniers efforts » d’une négociation qu’il s’est dit confiant de conclure « dans deux à trois jours ». « Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord », a déclaré le président américain à la presse avant de monter à bord d’Air Force One à l’aéroport JFK de New York, après avoir assisté à la finale NBA. Les termes de l’accord ne permettront « en aucun cas » et « sous quelque forme que ce soit » à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de désescalade partielle dans le Golfe : l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran a annoncé tôt mardi un « retour à la normale » de ses conditions d’exploitation, au lendemain de la réouverture de l’espace aérien iranien, partiellement fermé depuis dimanche. Les marchés ont immédiatement réagi : le Brent perdait 2,33 % à 92,05 dollars le baril vers 11h30 à Paris, le WTI reculant de 2,71 % à 88,83 dollars, les opérateurs intégrant le scénario d’une résolution rapide du conflit dans le Golfe.
La nuit avait pourtant été marquée par un incident militaire américain : un hélicoptère Apache s’est abîmé en mer près du détroit d’Ormuz, avec deux membres d’équipage à bord. Trump avait immédiatement minimisé l’événement depuis son retour de la finale NBA : « Les pilotes vont bien, personne n’est blessé. » Le Commandement central des armées américaines a confirmé dans un communiqué que les deux soldats avaient été « secourus sains et saufs environ deux heures plus tard » et que « leur état est stable », une enquête étant en cours pour déterminer les causes du crash. L’appareil « patrouillait dans les eaux régionales » au moment des faits. La veille, deux militaires iraniens de la défense aérienne avaient été tués dans des frappes israéliennes, selon la télévision d’État iranienne, qui a annoncé une cérémonie funéraire à leur mémoire à Téhéran.
Dans ce contexte de négociations américano-iraniennes, le Pakistan joue un rôle de médiateur discret mais actif. Le chef de l’armée libanaise, Rodolphe Haykal, s’est rendu à Islamabad samedi pour y rencontrer son homologue pakistanais Asim Munir. Les deux responsables ont discuté « de l’évolution de la situation sécuritaire régionale et de la coopération en matière de défense », selon un communiqué de l’armée pakistanaise. Cette visite s’inscrit, selon une source proche du dossier, dans le cadre des négociations en cours sur le conflit étendu au Liban, car l’arrêt de l’agression au Liban est une condition iranienne préalable à tout accord avec Washington.
Le Liban sous les bombes
Car pendant que la diplomatie s’agite, le sud du Liban continue de payer le prix du sang. Le bilan de l’agression sioniste contre le Liban depuis le 2 mars dernier s’est alourdi mardi à 3 666 martyrs et 11 321 blessés, selon le ministère libanais de la Santé. La seule journée de lundi a coûté la vie à quatorze personnes et blessé plus d’une vingtaine d’autres, les frappes sionistes frappant plus d’une quinzaine de localités du sud, notamment à Tyr et dans la région de Nabatiyé.
Tyr a été particulièrement ciblée. L’armée sioniste y a émis des ordres d’évacuation forcée visant le quartier chrétien, les camps palestiniens d’Al-Bass, Al-Rashidieh et Burj al-Shamali, ainsi que plusieurs localités environnantes. Une frappe sur un quartier résidentiel a tué au moins huit personnes selon la Défense civile libanaise. Une autre a visé une voiture garée près d’un bâtiment de la Croix-Rouge libanaise, blessant quatre secouristes hospitalisés après avoir été atteints par des éclats de verre. À Zifta, dans la région de Nabatiyé, sept personnes ont péri dès l’aube, dont un enfant syrien et une femme. À Marwanieh, deux autres victimes — dont un enfant — ont été tuées en soirée, avec dix blessés supplémentaires.
L’entité sioniste poursuit ces frappes en violation du cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril et récemment prolongé de plusieurs semaines, sous le regard d’une communauté internationale dont les appels à la retenue restent, pour l’heure, sans effet. L’occupation élargit même ses agressions reflet de ses ambitions expansionnistes clairement affichée et assumée. La situation au Liban commence d’ailleurs à être une pomme de discorde entre Washington et Tel Aviv, Trump ayant clairement signifié à Netanyahu son mécontentement quant à la poursuite de l’agression sioniste contre le Liban.
Lyes S.

