Flottille Sumud : L’entité sioniste sous le feu de la justice italienne
Le parquet de Rome a ouvert lundi une enquête pour torture et enlèvement contre Itamar Ben-Gvir, ministre de l’entité sioniste, en lien avec l’arraisonnement en eaux internationales du navire de la flottille mondiale pour Ghaza « Global Sumud », fin avril.
L’agence ANSA précise que la procédure vise le traitement infligé aux militants retenus à bord après l’interception du navire par les forces sionistes au large de la Grèce, parmi lesquels figuraient plusieurs ressortissants italiens. Cette enquête s’ajoute à une première procédure déjà ouverte à la suite de trois plaintes de citoyens italiens détenus après l’interception. Les deux dossiers judiciaires traduisent une rupture dans les relations entre Rome et Tel-Aviv : la Première ministre Giorgia Meloni et le chef de la diplomatie Antonio Tajani avaient eux-mêmes qualifié les scènes filmées à bord d’« inacceptables » et d’« atteinte à la dignité humaine », convoquant l’ambassadeur sioniste pour obtenir des explications. En parallèle, des militants des droits de l’homme ont saisi la Cour pénale internationale pour élargir ses enquêtes sur la guerre à Ghaza aux violations commises contre les participants à la flottille.
En Cisjordanie occupée, une enquête de la Commission d’enquête des Nations Unies publiée mardi établit que les forces sionistes ne se contentent pas de laisser faire les colons : elles participent directement à leurs attaques contre les villages et terres agricoles palestiniens. Le rapport conclut que les autorités sionistes ont apporté un soutien financier et militaire aux colons dans un climat d’impunité entretenu par les organes judiciaires et les forces de l’ordre. Depuis 2023, les attaques ont augmenté de 130 %, incluant des groupes d’assaillants masqués escortés par des soldats. En 2025, au moins sept Palestiniens ont été tués en martyrs et 832 blessés selon l’ONU ; la Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation recense, pour la même période, 14 martyrs et 1 090 personnes chassées de leurs foyers. « La participation croissante des forces de sécurité sionistes aux attaques de colons équivaut à un effondrement de facto de la distinction entre colons et soldats », conclut le document. Le président de la Commission, S. Muralidhar, ancien magistrat indien, a exhorté mardi la communauté internationale à contraindre l’entité sioniste à démanteler ses colonies et avant-postes illégaux.
55 violations contre les journalistes en mai
La liberté de la presse n’est pas davantage épargnée. Le Comité des libertés du Syndicat des journalistes palestiniens a recensé 55 violations commises par les forces sionistes en mai 2026 : deux journalistes blessés par balles lors de reportages sur le terrain, deux arrestations arbitraires, 30 cas de détention temporaire ou d’entrave au travail journalistique, cinq incidents de tirs directs, cinq attaques par grenades lacrymogènes et assourdissantes, deux confiscations de matériel, deux agressions physiques, deux interdictions de couverture à Al-Aqsa, le raid et la fermeture forcée d’un média. Le Syndicat a appelé les organisations internationales et la Fédération internationale des journalistes à « assumer leurs responsabilités juridiques et morales » pour mettre fin à ces violations.
À Ghaza, le bilan de l’agression génocidaire sioniste a atteint mardi 72 988 martyrs et 173 205 blessés depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Au cours des dernières 24 heures, huit corps et 34 blessés ont été acheminés vers les hôpitaux, de nombreuses victimes restant sous les décombres. Depuis le cessez-le-feu du 10 octobre dernier, 978 Palestiniens supplémentaires sont tombés en martyrs et 3 097 autres ont été blessés. Lundi, l’entité sioniste a fermé plusieurs points de passage, dont celui de Rafah, coupant l’accès aux convois humanitaires. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément préoccupé » par cette décision et a appelé à « la reprise immédiate des mouvements humanitaires à grande échelle vers et à travers Ghaza », rappelant que l’aide est « indispensable » à la survie des civils dans le territoire assiégé, où « les besoins humanitaires restent immenses ».
Lyes Saïdi

