Palestine occupée : Amnesty international dénonce un nettoyage ethnique
L’entité sioniste a fait 72.991 martyrs et 173.212 blessés à Ghaza depuis le 7 octobre 2023, détruit l’intégralité du système éducatif palestinien, déplacé de force des dizaines de communautés bédouines en Cisjordanie occupée et voté une loi interdisant au Comité international de la Croix-Rouge l’accès aux détenus palestiniens, tandis qu’Amnesty International qualifie officiellement ces actes de « nettoyage ethnique » et de « crime contre l’humanité », appelant la communauté internationale à réagir sans délai.
Le bilan est celui d’un génocide documenté, chiffre après chiffre, rapport après rapport. Mercredi 10 juin 2026, les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué les derniers chiffres de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza : 72.991 martyrs et 173.212 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le début des opérations militaires le 7 octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures, trois corps supplémentaires ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, accompagnés de cinq blessés, tandis que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 981 Palestiniens sont tombés en martyrs et 3.104 autres ont été blessés. Les corps de 783 martyrs ont par ailleurs été récupérés dans les ruines. Ces chiffres, à eux seuls, disent l’ampleur d’une destruction que le droit international n’avait pas encore nommée avec cette précision avant qu’Amnesty International ne franchisse le pas.
Dans un rapport publié ce même mercredi, l’ONG de défense des droits humains affirme sans détour que l’entité sioniste mène une politique de « nettoyage ethnique » contre les communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie occupée, et qualifie les actes commis de « crime contre l’humanité de transfert forcé ». Amnesty documente le déplacement forcé de 27 communautés entre 2023 et 2025, ou leur menace imminente de déplacement, dans la zone C de la Cisjordanie occupée, territoire sous contrôle militaire sioniste depuis 1967. L’ONG cite explicitement les appels de responsables sionistes à l’extension des colonies et les mesures délibérées visant à « minimiser la présence palestinienne » dans cette zone. L’entité sioniste, poursuit le rapport, a accéléré l’extension des colonies et les saisies de terres, augmenté l’aide financière et logistique aux colons, et armé ces derniers, permettant ainsi une campagne brutale, cautionnée par les autorités d’occupation elles-mêmes, de violences et de déplacement forcé des Palestiniens.
Les faits sur le terrain confirment cette mécanique d’effacement. Plus de 500.000 colons sionistes vivent aujourd’hui en Cisjordanie occupée dans des colonies illégales au regard du droit international. Certains colons commettent incendies, dégradations, vols, agressions physiques et meurtres de Palestiniens. Depuis le début de l’agression contre Ghaza le 7 octobre 2023, ces violences ont connu une hausse brutale. Elles atteignent depuis janvier une moyenne de six attaques de colons par jour, selon le Bureau des opérations humanitaires de l’ONU, l’OCHA. C’est dans ce contexte qu’un bébé palestinien de sept mois, Sam Fahd Abu Heikal, a été assassiné dans la ville d’El Khalil. Cet assassinat a déclenché une vague de condamnations parmi les institutions des droits humains et les militants pro-palestiniens aux États-Unis eux-mêmes.
Des organisations et militants américains des droits de l’Homme ont en effet lancé une campagne de pression sur les membres du Congrès pour exiger des mesures « pratiques » face à l’escalade des violations sionistes en Cisjordanie occupée. Selon l’agence de presse palestinienne WAFA, les organisateurs estiment que l’assassinat du petit Sam Abu Heikal reflète « une réalité croissante de la violence contre les Palestiniens en Cisjordanie ». Ils appellent les membres de la Chambre des représentants et du Sénat à adopter des positions plus fermes contre l’expansion et la violence coloniale, à protéger les civils palestiniens, à rejeter les projets de loi renforçant la coopération militaire avec l’entité sioniste et à imposer des sanctions aux colons impliqués dans des actes de violence. Les organisateurs de la campagne avertissent que « la poursuite de la situation actuelle menace les chances d’atteindre la paix et aggrave les souffrances des Palestiniens ».
Pendant ce temps, à Ghaza et en Cisjordanie occupée, l’agression sioniste a anéanti une génération entière dans les salles de classe. Le ministère palestinien de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a annoncé ce mercredi que le bilan des victimes dans le secteur éducatif s’élève à 21.701 élèves et personnels enseignants depuis octobre 2023. Dans le détail, 20.647 étudiants et 1.054 membres du personnel éducatif sont tombés en martyrs dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie occupée. Huit martyrs supplémentaires sont tombés ces dernières vingt-quatre heures dans des attaques sionistes contre Ghaza, malgré le cessez-le-feu. À Ghaza, les frappes sionistes ont détruit 179 écoles publiques, 105 écoles appartenant à l’UNRWA et rasé plus de 63 bâtiments universitaires. Au total, 20.480 élèves et universitaires sont tombés en martyrs et 31.436 autres ont été blessés à Ghaza, tandis que 167 martyrs et 1.139 blessés parmi les élèves et étudiants ont été dénombrés en Cisjordanie occupée. Le personnel enseignant n’a pas été épargné : 1.048 membres ont été tués et 4.784 blessés à Ghaza, 6 tués, 25 blessés et 171 placés en détention en Cisjordanie. Détruire l’éducation d’un peuple, c’est vouloir effacer son avenir.
L’entité sioniste a aussi voté une loi pour couper les prisonniers palestiniens du monde extérieur. La Commission des affaires des prisonniers et des ex-prisonniers ainsi que le Club des prisonniers palestiniens ont dénoncé l’approbation d’un projet de loi visant à interdire aux représentants du CICR l’accès aux détenus palestiniens. L’agence Wafa a relayé mercredi cette condamnation. Les deux organisations estiment que cette mesure s’inscrit dans une série de lois destinées à légaliser les violations commises contre le peuple palestinien dans le cadre du crime génocidaire mené contre la bande de Ghaza. Elles soulignent que ce projet de loi traduit la volonté des autorités d’occupation de transformer les mesures exceptionnelles imposées dans les prisons depuis le début de l’agression en politiques permanentes et systématiques, consolidant un système fondé sur la répression et la torture. L’occupation sioniste a déjà renforcé ses restrictions en interdisant au CICR l’accès aux prisons, en suspendant les visites familiales, en imposant un isolement accru aux détenus et en limitant fortement le travail des équipes juridiques. Ces mesures s’accompagnent, selon les mêmes organisations, d’une recrudescence sans précédent des actes de torture, des mauvais traitements, de la privation de nourriture, des humiliations, des menaces et des agressions contre les prisonniers, dans le cadre d’un système de violence organisée devenu l’une des principales caractéristiques de la situation actuelle dans les prisons sionistes.
L.S.

