Alger met le cap sur la mobilisation de sa diaspora scientifique
Deux structures placées sous la tutelle directe de la présidence de la République. Il s’agit d’un Haut Conseil des scientifiques et des chercheurs algériens, dédié notamment à la mobilisation de la diaspora, et une Agence nationale d’archéologie, chargée de la protection du patrimoine national.
Une dépêche de l’Agence presse service a annoncé vendredi la création de deux nouvelles structures stratégiques placées sous la tutelle directe de la présidence de la République. La première structure, le Haut Conseil des scientifiques et des chercheurs algériens sera composé de « sommités algériennes connues à travers le monde » et visera à mettre à contribution « les riches compétences et expertises de la communauté nationale établie à l’étranger, qui affiche durant les dernières années une pleine implication dans l’essor socio-économique de la nation » précise le communiqué l’APS. Selon le même texte, cette institution « traduit le ferme engagement du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en faveur de la promotion de la science, du savoir et de l’innovation » et s’inscrit dans « la dynamique socio-économique que connaît le pays », portée par « la forte implication de la diaspora nationale », laquelle « s’inscrit pleinement dans la vision d’une Algérie nouvelle et prospère ».
Cette nouvelle structure vient concrétiser une orientation que le chef de l’État porte de longue date. Depuis fin 2024, M. Tebboune n’a cessé d’appeler les Algériens établis à l’étranger, estimés entre 5 et 7 millions de personnes à travers le monde, à investir leurs compétences et leurs capitaux dans le développement national, notamment dans l’agriculture, les énergies renouvelables et la technologie. Plusieurs initiatives récentes traduisent cette dynamique : le Conseil des Affaires des Algériens de l’étranger, créé en 2023, multiplie les rencontres avec des investisseurs de la diaspora, tandis que le ministère de l’Enseignement supérieur a engagé, ces dernières semaines encore, des démarches auprès des chercheurs algériens établis au Royaume-Uni pour favoriser le transfert de savoir-faire vers les universités nationales. Cette annonce vient aussi consolider un édifice institutionnel déjà engagé par plusieurs départements ministériels. Au ministère des Affaires étrangères, le secrétaire d’État chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaïb, a multiplié ces derniers mois les initiatives en direction des compétences expatriées. De son côté, le ministère de l’Énergie et des Mines a instruit ses entreprises publiques, à l’image de Sonatrach, de constituer une base de données recensant les experts et compétences algériennes établies à l’étranger collaborant avec elles, dans la perspective d’un cadre réglementaire destiné à associer ces talents au développement du secteur énergétique national.
La sauvegarde du patrimoine érigée en priorité d’État
Le second volet de l’annonce concerne l’Agence nationale d’archéologie, dont le rattachement direct à la Présidence de la République « constitue un signal fort pour un pays qui place son immense patrimoine dans les priorités de l’action de l’Etat »é.
Le texte souligne que cette nouvelle institution « traduit le grand intérêt accordé au patrimoine national et à la nécessité de sa sauvegarde, sa protection et sa mise en valeur », rappelant que l’Algérie « possède un patrimoine très riche marqué par une profondeur et une diversité civilisationnelle exceptionnelle ». Ces richesses, qui « traversent les âges », sont illustrées, précise la même source, par « des centaines de sites archéologiques dénombrés à travers le territoire national », qu’il convient désormais de « préserver, d’étudier et de valoriser ».
Le pays compte actuellement sept sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont Tipasa, Djemila et Timgad, et a soumis une liste indicative de plusieurs autres biens culturels et naturels, parmi lesquels le patrimoine archéologique de Tébessa, les parcours augustiniens, les tombeaux rouyaux de Numidie et les palais de l’Atlas saharien, en vue d’une future inscription. La création de l’Agence nationale d’archéologie devrait permettre de structurer davantage la recherche, l’inventaire et la protection de ce patrimoine face aux risques de dégradation et de trafic illicite de biens culturels.
Samir Benisid

