Jijel : Un ambitieux projet de protection du littoral en préparation à Ziama Mansouriah
Menacée par l’avancée de la mer et l’instabilité des sols, la cité Kamhoun s’apprête à bénéficier d’une étude approfondie destinée à définir les solutions les plus adaptées pour préserver ce site sensible, à la fois résidentiel, touristique et économique. La lutte contre l’érosion côtière franchit une nouvelle étape dans la wilaya de Jijel. La Direction des travaux publics (DTP) a lancé, lundi dernier, un appel d’offres national portant sur la réalisation d’une étude technique de protection du littoral au niveau de la cité Kamhoun, située à l’ouest du port de pêche de Ziama Mansouriah. Inscrite dans le cadre du programme sectoriel de développement de la wilaya, cette opération vise à apporter des réponses durables à un phénomène qui ne cesse de gagner du terrain le long de certaines portions du littoral jijelien. Depuis plusieurs années, les habitants de cette zone côtière assistent, impuissants, à un recul progressif du trait de côte sous l’effet combiné de l’action des vagues, des courants marins, des intempéries et des infiltrations d’eau. Au-delà de la dégradation du rivage, les conséquences se font également sentir sur les terrains surplombant la mer. Des fissures, affaissements et mouvements de terrain ont été signalés à proximité de plusieurs habitations, faisant craindre une aggravation de la situation lors des épisodes de fortes pluies qui caractérisent régulièrement cette région du littoral est du pays. L’étude projetée devra établir un diagnostic complet de la zone concernée. Les spécialistes seront chargés d’analyser les caractéristiques géologiques et géotechniques des sols, le comportement hydrodynamique des courants marins, l’influence des houles ainsi que les impacts environnementaux liés à l’évolution du trait de côte. Les résultats attendus permettront de déterminer les ouvrages les plus appropriés pour ralentir, voire stopper, le phénomène d’érosion. Parmi les solutions envisagées figurent la réalisation de digues de protection, de brise-lames immergés ou émergés, le rechargement artificiel des plages en sable, ainsi que des techniques plus innovantes aujourd’hui utilisées dans plusieurs pays confrontés aux mêmes défis. Les experts pourraient notamment recommander le recours à des ouvrages dits « souples », privilégiés dans les approches modernes de gestion intégrée des zones côtières. Ces dispositifs reposent sur la restauration des équilibres naturels du littoral grâce à des structures écologiques capables d’atténuer l’énergie des vagues tout en préservant les écosystèmes marins. Les nouvelles technologies offrent également des outils de surveillance particulièrement performants. Des relevés topographiques par drones, l’imagerie satellitaire à haute résolution, la modélisation numérique en trois dimensions (3D) et les systèmes de suivi en temps réel permettent désormais de mesurer avec précision l’évolution du littoral et d’anticiper les zones à risque. Selon des spécialistes en génie côtier et en géotechnique côtière « les projets de protection du littoral ne peuvent plus se limiter à la construction d’ouvrages en béton. Les approches actuelles privilégient une combinaison de solutions d’ingénierie et de mesures environnementales permettant d’assurer une meilleure résilience face aux changements climatiques ». Selon les estimations des mêmes spécialités « la stabilisation des falaises et des terrains instables nécessite aujourd’hui des investigations très poussées grâce aux technologies géophysiques modernes. Elles permettent d’identifier avec précision les zones fragilisées avant l’apparition de dommages majeurs ». En attendant le recours aux nouvelles technologies, la future étude devra également évaluer le niveau réel de vulnérabilité des habitations, des voies de communication et des différents réseaux publics implantés dans ce secteur stratégique. L’objectif est de définir une feuille de route permettant de protéger durablement les populations tout en préservant les infrastructures existantes. Réputée pour ses paysages naturels et son attractivité touristique, la cité Kamhoun constitue l’un des sites les plus remarquables de la façade maritime de Jijel. Sa proximité avec le port de pêche de Ziama Mansouriah lui confère également une importance économique particulière, les activités halieutiques et touristiques représentant une source essentielle de revenus pour de nombreuses familles de la région. À l’heure où les effets du changement climatique et de l’élévation du niveau de la mer deviennent de plus en plus perceptibles à l’échelle mondiale, la protection du littoral apparaît désormais comme un enjeu majeur de développement durable. À Ziama Mansouriah, cette étude pourrait ainsi constituer la première étape d’un vaste programme destiné à renforcer la résilience du littoral jijelien et à préserver un patrimoine naturel précieux pour les générations futures.
Zakia Merabet

