Mila : L’IA, de l’innovation à la prévention
À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans de nombreux domaines, son utilisation au service de l’intérêt général ouvre de nouvelles perspectives. À Mila, une initiative universitaire innovante illustre parfaitement le potentiel de cette technologie lorsqu’elle est mise au service de la protection des plus vulnérables.
Baptisé « Manarat El-Atfal » (Le Phare des Enfants), ce projet ambitieux a été conçu par l’étudiante Baya Derbala de l’université Abdelhafid Boussouf, sous l’encadrement du Dr Abderraouf Benchiheb, de la Dre Ahlam Boucemid et du Pr Farouk Bourrihane. S’inscrivant dans une approche préventive moderne, le projet repose sur une plateforme intelligente d’analyse comportementale exploitant les capacités de l’intelligence artificielle afin de détecter de manière précoce les situations susceptibles de mettre en danger les enfants. L’objectif est de permettre une intervention rapide grâce à des alertes émises en temps réel, renforçant ainsi les mécanismes de prévention et de protection. Pour la porteuse du projet, l’IA ne doit pas être perçue uniquement comme un outil technologique, mais comme un levier capable d’apporter des solutions concrètes à des problématiques sociales majeures. « La protection de l’enfant ne commence pas lorsque le danger survient, mais bien avant. Grâce aux nouvelles technologies, il devient possible d’anticiper certains risques et de mettre en place des mécanismes d’alerte précoce favorisant une meilleure prise en charge », est-il expliqué. Cette initiative met ainsi en lumière l’importance d’un usage éthique et responsable de l’intelligence artificielle. Dans un contexte où les débats autour de cette technologie se multiplient, « Manarat El-Atfal » démontre que l’IA peut également devenir un outil précieux au service de la sécurité, du bien-être et de la prévention. En analysant des indicateurs comportementaux et en facilitant la détection précoce des situations à risque, elle contribue à renforcer les dispositifs de protection de l’enfance et à améliorer l’efficacité des interventions. Au-delà de son aspect technologique, le projet porte une forte dimension humaine. Il vise à placer l’innovation numérique au service des enfants, en favorisant une culture de vigilance, de prévention et d’accompagnement. Une démarche qui rejoint les orientations actuelles visant à intégrer les technologies émergentes dans les politiques de protection sociale et de développement humain. Si les détails techniques du système demeurent confidentiels à ce stade, afin de préserver la propriété intellectuelle du projet, les travaux de recherche et de développement se poursuivent pour consolider ses performances et préparer son éventuelle concrétisation sur le terrain. Les promoteurs de « Manarat El-Atfal » ambitionnent de faire de cette plateforme une référence nationale dans le domaine de la protection intelligente de l’enfance. Ils espèrent également contribuer à sensibiliser la société aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle lorsqu’elle est utilisée de manière réfléchie, encadrée et orientée vers des objectifs d’intérêt public. Le recteur de l’université Abdelhafid Boussouf, M. Amirouche Bouchelaghem, a salué cette initiative qui témoigne du dynamisme de la communauté estudiantine et de la capacité des jeunes chercheurs à proposer des solutions innovantes répondant aux préoccupations de la société. Il a réaffirmé l’engagement de l’université à accompagner les porteurs de projets dans le cadre du programme national « Un diplôme, une start-up, un diplôme, un brevet », institué par l’arrêté ministériel n°1275. Connue pour son engagement associatif en faveur de l’enfance, Baya Derbala n’en est pas à sa première action au profit des jeunes générations. Très impliquée dans le tissu associatif local, elle s’est distinguée à plusieurs reprises à travers des initiatives éducatives et culturelles, notamment par l’organisation de formations gratuites en calligraphie arabe destinées aux élèves du cycle primaire. À travers « Manarat El-Atfal », cette jeune innovatrice apporte une nouvelle démonstration du potentiel des compétences algériennes dans les domaines des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Une initiative qui rappelle que, bien utilisée et encadrée, l’IA peut devenir un allié de taille pour relever les défis sociaux de demain et renforcer la protection des enfants.
Zakia Merabet

