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La campagne électorale a pris fin dimanche : Place au verdict des urnes

Trois semaines de compétition intense, des milliers de meetings à travers tout le pays, des centaines de milliers d’affiches collées sur les palissades des villes et des bourgs, la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet s’est achevée dimanche soir, ouvrant une période de silence de trois jours qui s’étendra jusqu’au matin du scrutin prévu jeudi.

Le rideau est tombé. Après vingt jours d’une campagne qui a vu partis et listes indépendantes sillonner les 58 wilayas pour briguer les sièges de l’Assemblée populaire nationale, les candidats ont rangé leurs estrades et posé leurs micros. La loi organique relative au régime électoral est sans équivoque. Depuis dimanche, « nul ne peut, par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne ». La parole appartient désormais aux urnes.

Pour l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), le bilan est globalement positif. Membre de l’ANIE, Chebli Abderrahmane l’a affirmé lundi matin sur les ondes de la Chaîne I de la Radio algérienne. « La campagne électorale s’est déroulée à un bon rythme durant toutes ses phases, avec l’organisation de plus de 3.965 rassemblements populaires à travers les différentes wilayas du pays », a-t-il indiqué. Un chiffre qui témoigne de la mobilisation des acteurs politiques, qu’il s’agisse des formations partisanes ou des candidats indépendants en lice pour l’hémicycle Zighout Youcef.

Chebli Abderrahmane a également souligné que les candidats ont pu exploiter « l’ensemble des espaces dédiés à la libre expression dans les médias audiovisuels publics », précisant que quatre chaînes de la Radio algérienne et six chaînes de la télévision publique ont mis leurs antennes à la disposition des prétendants à la députation pour « exposer et expliquer leurs programmes électoraux ». L’égalité d’accès aux médias publics, garante du principe d’équité entre les compétiteurs, a ainsi été respectée tout au long des trois semaines.

Appels à une participation massive

La campagne a débuté le 9 juin. Pendant plus de trois semaines, le terrain politique algérien a vibré au rythme de la compétition. Meetings en plein air, rencontres de proximité dans les quartiers, affichage dans les espaces réglementaires, les candidats ont multiplié les formats pour atteindre l’électeur là où il se trouve. Les derniers jours ont été marqués par une accélération visible du rythme, les états-majors politiques poussant leurs militants jusqu’à l’ultime heure légale autorisée, conscients que chaque voix compte dans une compétition où les listes indépendantes se posent en concurrentes sérieuses des partis établis.

Le message porté par l’ensemble des acteurs de la campagne a convergé sur un point, l’appel à une participation massive. Partis de la majorité comme formations de l’opposition ont insisté, chacun à sa façon, sur la nécessité pour les citoyens d’exercer leur droit de vote et de contribuer à la formation d’un Parlement fort, « pleinement investi de ses missions législatives ».

Quelques dérapages recadrés

La campagne ne s’est pas déroulée sans accroc. Chebli Abderrahmane a reconnu « quelques dépassements, notamment en ce qui concerne le non-respect des règles légales relatives à l’affichage publicitaire ». Ces infractions ont conduit l’ANIE à publier un communiqué appelant l’ensemble des candidats à se conformer aux dispositions en vigueur, « dans le respect des principes d’équité et d’égalité des chances entre tous les compétiteurs ». Des publications sur les réseaux sociaux ont également nécessité des mesures légales à l’encontre de leurs auteurs.

Pour autant, les observateurs notent que ces dérapages sont restés isolés. La commission de contrôle du financement des campagnes électorales, qui a exercé une surveillance continue des dépenses, n’a relevé aucun signe de surenchère financière susceptible de creuser les inégalités entre candidats. La loi fixe un plafond de dépenses que personne n’a franchi de manière flagrante, ce qui a limité les disparités de moyens entre les différents compétiteurs, un signal encourageant pour la consolidation d’une pratique électorale assainie.

Parmi les faits marquants de cette campagne figure la participation inédite de centaines de jeunes candidats bénéficiaires d’une aide de l’État. Au total, 937 jeunes issus de 125 listes indépendantes à travers le territoire national ont reçu un soutien financier de 300.000 dinars pour couvrir leurs dépenses de campagne. Trente et un autres, candidats sur des listes indépendantes à l’étranger, ont bénéficié du même dispositif. Ce mécanisme, inscrit dans la loi électorale, vise à ouvrir les portes de la représentation nationale à une génération qui aspire à peser dans la vie politique du pays.

Depuis lundi et jusqu’à l’aube du scrutin, la loi interdit également « la publication et la diffusion de sondages portant sur les intentions de vote des électeurs », et ce jusqu’à 72 heures avant l’ouverture des bureaux de vote sur le territoire national, délai porté à cinq jours pour la communauté algérienne établie à l’étranger.

Chebli Abderrahmane a conclu ses déclarations sur une note d’appel civique, notant que « l’ensemble des candidats ont salué les réformes contenues dans la révision constitutionnelle et la loi organique électorale » et que tous ont appelé les citoyens « à participer massivement aux élections et à exercer leur droit de vote le jour du scrutin ». Jeudi 2 juillet, les électeurs diront le dernier mot.

Hocine Fadheli

admin

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